Bouzigues
Bouzigues : Petit village, grandes magouilles
Quand un maire convoque un conseil municipal pour régulariser le permis de construire de sa femme, on ne parle plus de politique locale, mais de gestion féodale des affaires publiques. Bienvenue à Bouzigues.
Lundi 1er septembre à Bouzigues. Ambiance morose dans la petite salle municipale. Pas de budget, pas de délibérations urgentes, pas de plan d’avenir pour la commune. Non. Un seul ordre du jour, le permis de construire de l’épouse du maire. Un conseil convoqué rien que pour ça. Voilà où en est la gouvernance de Bouzigues. On ne gère plus la commune, on gère les affaires personnelles. Mais pour bien saisir l’ampleur de cette pantalonnade, il faut rembobiner.
Tout commence il y a deux ans et demi. Cédric Raja, maire de Bouzigues et grand amateur de patrimoine, achète une grange dans le village. Rien d’illégal jusque-là. Puis, un permis de construire est déposé. Mais pas à son nom. À celui de Virginie Raja, sa femme. Une coïncidence, évidemment. Tout le monde à Bouzigues sait que le projet est pour lui, mais bon… les montages familiaux, ça a toujours été une spécialité locale.
Problème, comme la loi interdit à un maire de signer un acte qui concerne un membre de sa famille, Cédric Raja fait désigner en conseil municipal un adjoint, Pierre Bras, pour signer à sa place. Voilà. Le permis est accordé. Les travaux peuvent commencer.
Mais très vite, des voisins relèvent une étrangeté. Les plans du permis ne collent pas avec la réalité du terrain. Les surfaces ne sont pas les bonnes. Il y a, disons… comme un petit embonpoint dans les mètres carrés. Ni une ni deux, ils saisissent la justice. Exposent leurs griefs. Le permis est attaqué au tribunal administratif. Le maire de Bouzigues va attendre la décision de justice ? Non.
Cédric Raja ne lâche rien. Il dépose un premier permis modificatif en 2024, pendant que le permis initial est attaqué. Et là, c’est le drame. L’adjoint de l’époque ne peut plus signer le permis modificatif. Également, Pierre Bras a pris soin de consulter la préfecture de l’Hérault, qui l’a informé qu’il ne pouvait légalement pas apposer sa signature sur un permis modificatif. Il fallait donc refaire un conseil pour désigner un autre élu plus enclin à collaborer avec le système.
La préfecture de l’Hérault, elle aussi, alerte les services municipaux de Bouzigues. Elle rappelle qu’on ne peut pas bricoler un permis de construire comme un vieux volet. Il faut reprendre toute la procédure. Le bon sens. Mais à Bouzigues, ces derniers mois, c’est plutôt Kafka que Montesquieu.
Mais Cédric Raja connaît bien la mécanique administrative. Il joue la montre… Et surprise, il obtient ce que l’on appelle un permis tacite. Une autorisation née du silence de l’administration. Un silence utilisé comme arme.
Aussitôt, le 29 août, Virginie Raja dégaine une demande de permis tacite. Encore faut-il un élu pour le signer. Sauf que plus personne ne veut s’en charger. Il faut dire qu’à ce stade, même les derniers fidèles ont déserté. Il n’a plus de majorité. Il n’a plus de légitimité. Il a encore un stylo, mais plus personne pour le tenir.
En juillet, après moult discussions et sûrement quelques suppliques, un nouvel élu est désigné par 4 voix pour et 11 abstentions et accepte de jouer le scribe, ce sera Nicolas Cartier. Il signe le permis tacite. Champagne ? Non. Nouveau coup de fil de la préfecture de l’Hérault. Ils sont au bord de l’AVC. Ce n’est pas légal. Le préfet de l’Hérault en personne remonte au créneau par un courrier envoyé directement au maire de Bouzigues. Il exige que la procédure soit reprise à zéro, avec un nouveau permis de construire modificatif, et cette fois, en bonne et due forme.
Et c’est là qu’on en revient au fameux conseil du lundi 1er septembre. Un conseil municipal est convoqué uniquement pour faire voter le nouveau permis de construire modificatif de Virginie Raja, dans une mairie en lambeaux, sans majorité, sans opposition, sans espoir. Deux voix pour. Onze abstentions. Pas de suspense, pas d’honneur non plus.
Le 3 septembre dernier, à peine deux jours après le conseil municipal, la femme du maire s’est vue accorder son permis de construire modificatif. Un record de vitesse sur le bassin de Thau, où jamais un dossier n’aura été instruit aussi prestement. L’administration, d’ordinaire aussi lente qu’une marée montante, s’est ici muée en championne du sprint bureaucratique, un véritable exploit, presque suspect…
Ce permis de construire, devenu obsession municipale, symbolise à lui seul la gestion d’une commune qui a perdu le sens des priorités. Le bateau prend l’eau depuis longtemps, mais le capitaine continue de repeindre sa cabine.
À ce niveau, ce n’est plus de l’amateurisme, c’est du mépris. Mépris pour les lois, pour les règles de base de l’éthique publique, pour les habitants d’un village pris en otage par une gouvernance sans garde-fou. Cette obstination absurde, cette volonté de tordre la procédure pour servir des intérêts privés, illustre à elle seule la dérive d’un mandat qui n’aurait jamais dû durer aussi longtemps.
Il reste six mois avant les élections municipales. Six mois de trop. Vivement que la porte se referme sur ce triste épisode. Définitivement.
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Escroc
11 septembre 2025 at 18 h 08 min
Je ne comprends pas ce que font les autorités au dessus. Ils devraient avoir le droit de dégager ces pourris sur simple décret
Bob
17 septembre 2025 at 10 h 49 min
Monsieur , le Maire pratique le népotisme condamnable. Tout comme le fait d’attribuer un logement social à un de ces employés qui travaille dans son entreprise, comme si sur Bouzigues, s’il n’y avait pas de nécessiteux, cela s’appelle du favoritisme puni par la loi.
FP
11 septembre 2025 at 19 h 40 min
Vraiment …. quelle tristesse …. 🙁
Cam
13 septembre 2025 at 14 h 16 min
Quelle honte…pauvre pays. Même si ils s en sont sortis ils iront pas bien loin. Et nous on paye.
Bob
11 septembre 2025 at 22 h 37 min
Convocation d’un conseil pour 1 seul point d’ordre privé …si on cumule le temps de travail et de présence de tous les fonctionnaires et conseillers, je me demande combien de milliers d’euros ça coûte.
Mamarie
12 septembre 2025 at 12 h 05 min
Mais franchement on se rend compte de cette situation. C’est inacceptable. Honteux
Marco
12 septembre 2025 at 17 h 51 min
Ça me rappelle étrangement ce qui se passe dans ma commune. Sauf que chez nous dans le 13 la préfecture laisse faire.
Bouzigaud
13 septembre 2025 at 7 h 02 min
Quelle honte !!! Ce maire est un escroc! Il dépense l’argent des bouzigauds et bouzigaudes pour ses intérêts personnels (coût de gestion de cette magouille). Face à une administration défaillante, un conseil municipal complice et une opposition inexistante, il ne reste plus qu’aux bouzigauds et bouzigaudes de réagir pour se débarrasser de ces pourris d’élus aux prochaines élections municipales.
A2pat
13 septembre 2025 at 8 h 21 min
Au fait, qui a élu ce maire…
Blasquez
13 septembre 2025 at 8 h 27 min
Merci pour cet article plein de finesse
Vous savez manier la langue française avec humour et sérieux
Cette situation est révoltante je plains les administrés qui eux subissent
Henri
13 septembre 2025 at 18 h 27 min
La décentralisation démontre ses limites, de nombreux problèmes dans tous les domaines.
Il serait temps de revenir à des décisions indépendantes, l’éthique a disparu dans nos communes, nous sommes à des années lumière du respect de l’intérêt général et de la bonne utilisation des deniers publics.
Le bassin de Thau est un laboratoire
grandeur nature d’une application des
textes régissant la décentralisation à
des fins personnelles.Ainsi les
exécutifs locaux majoritaires sont les
responsables du scepticisme des
citoyennes et citoyens vis à vis des
élues et élus.
Quel sera le taux d’abstention aux prochaines élections municipales?
Deux maires condamnés et frappés d’inéligibilité sur 14 et pas des moindres….
Revenons à un esprit Jacobin et respectueux de la séparation des pouvoirs, notre République se portera mieux.
Sophie
14 septembre 2025 at 7 h 35 min
Faut occuper la mairie…comme nous avons fait sur la commune de Premian en 2024 pour dénoncer un permis illégal,
Marc.
14 septembre 2025 at 14 h 05 min
Un peu comme « notre gouvernement actuel »..lol, les Amis des mes amis sont des amish’s.?.. »Pfftt.!! »
jo
15 septembre 2025 at 10 h 43 min
11 abstentions pourquoi? cela devient la responsabilité de tous;
A Jo
15 septembre 2025 at 22 h 58 min
Non. Si les élus avaient voté contre la designation d’un conseiller municipal pour examiner cette 3e demande de permis de construire, la demande n’aurait pas pu être instruite et, au bout de deux mois, la femme du maire aurait bénéficié d’un 2e permis tacite.
C’est l’élu désigné, Nicolas Cartier, qui a la responsabilité d’accorder ou non le permis.
BOB
16 septembre 2025 at 11 h 11 min
Effectivement
roche
17 septembre 2025 at 20 h 09 min
L’article et les commentaires sont mensongers et pourris, vous n’avez donc pas de vie pour lire et écrire des merdes pareilles ???
Les informations sont fausses et n’oubliez pas que certains intelligents pensent et écrivent que la Terre est plate.
Renseignez-vous et vous verrez que c’est de l’acharnement et du harcèlement.
À Roche
19 septembre 2025 at 12 h 57 min
Tout est vrai et verifiable tant sur les documents administratifs publiés sur le site de la mairie que sur l’affichage public des permis.
Alain
21 septembre 2025 at 15 h 58 min
Lorsque j’ai voté pour cette équipe en 2020 c’était parce qu’il y avait la fille de la côte bleu, la fille du belge, les familles bras, roques, goudard, Brel de représenté et celle de l’ancien maire aussi. Des gens bien. On leur a fait confiance. Le maire il a mis une pagaille pas possible en racontant n’importe quoi sur eux alors que ce sont des gens bien, tous. Lui c’est une mauvaise personne il ne pense qu’au pognon et a ses intérêts. Bouzigues est mort, c’est sale, on le voit nulle part. Le seul truc qui l’intéresse c’est ces copains de Poussan ils sont partout. Bouzigues réveillez vous ! Il faut le dégager !!!
À Alain
23 septembre 2025 at 17 h 18 min
Vous avez totalement raison Alain, le but est pour lui de s’octroyer ainsi qu’à ses amis un maximum d’avantages sur le dos de la commune
Bob
8 octobre 2025 at 9 h 28 min
.. ENTIÈREMENT, D’accord AVEC VOTRE ARTICLE. J’AI VOTÉ POUR LES ENFANTS DE BOUZIGUES, IL EST CERTAIN QUE LES VOTES SE SERAIENT PASSÉS COMME AVANT AVEC PANACHAGE. J’AURAIS RAYÉ M. RAJA SURTOUT EN LE CONNAISSANT COMME JE LE CONNAISSAIS. PERVERS NARCISSIQUE, CE N’EST PAS PAR AMOUR DE BOUZIGUES CAR IL N’AIME PAS LES BOUZIGAUDS , C’EST SURTOUT SON INTÉRÊT PERSONNEL QUI L’INTÉRESSE
VRAIBOUZIGAUD
4 janvier 2026 at 15 h 50 min
Article mensonger!! Certains n’ont pas obtenu ce qu ils voulaient de la part du maire donc ils se sont retournés contre lui. C est degeulasse. Ils voulaient surtout faire passer des permis de construire et des terrains en constructibles. Ahah se retourner contre son maire c est degeulasse.
Karine
4 janvier 2026 at 15 h 52 min
Certains jaloux se sont retournés contre lui bien avant ça !!!