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Bayrou maintient son soutien au projet constitutionnel corse malgré les réserves du Conseil d’État

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Le Premier ministre réaffirme son attachement à l’accord initial, au risque de froisser certains partenaires politiques.

François Bayrou a confirmé son intention de soumettre au Parlement le texte originel de révision constitutionnelle concernant la Corse, sans tenir compte des amendements proposés par le Conseil d’État. Le chef du gouvernement justifie cette position par la nécessité de respecter l’engagement pris envers les élus insulaires, qui avaient approuvé à une large majorité le projet d’autonomie négocié avec l’État.

Cette prise de distance avec l’instance consultative suscite des tensions, notamment au Sénat, où Gérard Larcher, président LR de la chambre haute, a exprimé son désaccord dans un courrier adressé à Matignon. Le sénateur y dénonce une remise en cause des prérogatives parlementaires, estimant que les recommandations juridiques du Conseil d’État ne sauraient être ignorées.

Le texte controversé, qui doit être examiné en Conseil des ministres dans les prochains jours, prévoit d’accorder à la Corse un statut spécifique au sein de la République. Plusieurs formulations initiales ont toutefois été retoquées par les juristes, qui ont notamment écarté les références à une « communauté corse » ou à des compétences législatives locales. Des modifications rejetées par les partisans du projet, au premier rang desquels se trouve le président du Conseil exécutif de Corse, Gilles Simeoni.

Ce dernier a récemment mis en garde contre les conséquences d’un échec du processus, évoquant des risques de déstabilisation durable pour l’île. L’initiative, lancée en 2022 pour apaiser les tensions après la mort d’Yvan Colonna, représente un enjeu politique majeur pour l’exécutif, qui entend clore un chapitre marqué par les revendications autonomistes.

La position ferme de François Bayrou illustre la volonté du gouvernement d’honorer ses engagements, tout en s’exposant à de nouvelles frictions institutionnelles. Le débat parlementaire s’annonce dès lors particulièrement sensible, alors que les divergences persistent sur la nature et l’étendue des concessions à accorder à la collectivité territoriale.

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