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Bala Amarasekaran, le gardien des chimpanzés de Sierra Leone

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Un comptable sri-lankais a consacré trois décennies à protéger une espèce en péril, transformant son refuge en modèle de conservation.

Au cœur de la forêt tropicale sierra-léonaise, un sanctuaire unique abrite 123 chimpanzés orphelins, sous la protection d’un homme au destin improbable. Bala Amarasekaran, ancien comptable devenu défenseur de l’environnement, a fondé en 1995 le centre Tacugama, aujourd’hui reconnu comme un havre de biodiversité et une référence en matière d’écotourisme.

C’est lors d’un voyage en 1988 que tout a commencé. Avec son épouse Sharmila, il recueille un bébé chimpanzé mourant, attaché à un arbre. Cette rencontre fortuite marque le début d’une passion qui le conduira à partager son foyer avec sept primates avant de créer un refuge dédié. « Ils manifestaient les mêmes besoins affectifs que nous », confie-t-il, évoquant des comportements humains tels que la jalousie ou l’attachement.

Les défis n’ont pourtant pas manqué. Pendant la guerre civile, le sanctuaire fut pillé à deux reprises. Plus tard, l’épidémie d’Ebola obligea les soignants à vivre sur place pendant un an pour préserver les animaux. Malgré ces épreuves, Tacugama a prospéré, accueillant des primates souvent victimes de braconnage ou de maltraitance. Les nouveaux arrivants, traumatisés, sont progressivement intégrés à des groupes plus larges, sous le regard attentif des équipes.

Aujourd’hui, l’urgence est ailleurs. La déforestation massive et l’empiètement illégal dans le parc national menacent directement l’habitat des chimpanzés. En réponse, Bala a pris une mesure radicale : fermer le sanctuaire aux visiteurs depuis fin mai, espérant ainsi alerter les autorités. « Notre mission est désormais de les protéger dans la nature, pas seulement ici », explique-t-il.

À 64 ans, celui qui considère ces animaux comme sa famille continue son combat, entre tendresse et fermeté. Lorsqu’il s’approche des enclos, les cris joyeux des primates témoignent d’une relation exceptionnelle, forgée au fil des années. Un lien qui dépasse la simple conservation pour incarner une forme de parenté choisie, au service d’une espèce en sursis.

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