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Au Pakistan, la vallée de Hunza brise les codes du patriarcat

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Dans cette région montagneuse, les femmes s’imposent comme charpentières, restauratrices ou footballeuses, défiant les normes sociales du pays.

Au cœur des montagnes du Karakoram, une petite communauté ismaélienne redéfinit la place des femmes dans la société pakistanaise. Dans la vallée de Hunza, il est courant de croiser des ébénistes, des cheffes d’entreprise ou des sportives de haut niveau, des rôles traditionnellement réservés aux hommes ailleurs dans le pays.

Bibi Amina, pionnière dans son domaine, a fondé un atelier de menuiserie il y a quinze ans avec une associée. Aujourd’hui, son entreprise emploie une vingtaine de femmes et en a formé des dizaines d’autres. Cette dynamique s’explique en partie par l’héritage éducatif laissé par l’Aga Khan III, qui a favorisé l’instruction des filles dès 1946. Résultat : près de 97 % des habitants de la vallée savent lire et écrire, un record national.

Pourtant, les mentalités n’ont pas évolué sans résistance. « On nous disait que notre place était à la maison », confie Bibi Amina. Mais face à la précarité économique, les femmes ont pris leur destin en main. Lal Shehzadi, ancienne épouse d’un militaire, a monté une cantine réputée pour ses spécialités locales. Safina, quant à elle, a quitté son emploi sous-payé dans un hôtel pour créer son propre commerce, multipliant ses revenus par quinze.

Le sport n’échappe pas à cette émancipation. Alors que le cricket domine ailleurs, le football féminin s’épanouit à Hunza, avec des équipes dans chaque village. Des joueuses comme Malika-e-Noor, icône du ballon rond, inspirent les plus jeunes. Fahima Qayyum, internationale pakistanaise, encourage les adolescentes à poursuivre des études grâce à des bourses sportives.

Cette évolution contraste avec le reste du Pakistan, où moins d’un quart des femmes travaillent et où beaucoup renoncent à une carrière sous la pression familiale. Mais à Hunza, la nécessité économique et l’éducation ont eu raison des préjugés. Une lueur d’espoir dans un pays classé parmi les pires en matière d’égalité des sexes.

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