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Au Kosovo, le thé et le café dessinent une frontière générationnelle

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Dans les rues de Vushtrri comme dans les cafés branchés de Pristina, le choix de la boisson chaude raconte l’évolution d’une société tiraillée entre tradition et modernité.

Dès les premières lueurs de l’aube, les maisons de thé de Vushtrri voient affluer une clientèle d’habitués. Cette municipalité du nord du Kosovo se présente comme la capitale incontestée du thé dans les Balkans. Ici, le « cajtore » – établissement dédié à cette boisson – fait partie du paysage social. Le thé noir, infusé longuement dans des bouilloires superposées, se déguste dans des verres évasés, sucré ou agrémenté d’une tranche de citron. Une tradition dont les origines remontent aux influences ottomanes ou russes, sans que personne ne puisse en dater précisément l’émergence.

Mais à une trentaine de kilomètres de là, à Pristina, une autre réalité s’impose. La capitale kosovare vibre au rythme des machines à espresso et des commandes de macchiato. Depuis la fin du conflit de la fin des années 1990, les coffee shops à l’occidentale se sont multipliés, portés par la présence internationale et le désir d’ouverture des jeunes générations. Le macchiato, espresso nappé de mousse de lait, y est érigé au rang de spécialité locale.

Cette évolution des goûs illustre une fracture générationnelle de plus en plus marquée. Les aînés restent attachés aux rituals du thé, tandis que les plus jeunes adoptent volontiers les codes caféinés venus d’Europe. Certains établissements tentent de concilier les deux cultures, à l’image de la chaîne Trosha qui mise sur une offre hybride. Mais à Vushtrri, les puristes affichent une fidélité sans faille à leur breuvage traditionnel, considérant que goûter au thé local relève presque d’un rite d’initiation pour qui visite la région.

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