Monde
Attentat meurtrier au Pakistan : un bus scolaire pris pour cible, quatre enfants parmi les victimes


Un attentat-suicide a frappé un véhicule transportant des écoliers dans la province du Baloutchistan, ravivant les tensions entre Islamabad et New Delhi.
Un drame a secoué le sud-ouest du Pakistan ce mercredi lorsqu’un engin explosif a déchiqueté un bus scolaire, faisant six morts, dont quatre enfants. Le véhicule, réservé aux familles de militaires, circulait dans la région instable du Baloutchistan, théâtre récurrent d’affrontements entre forces gouvernementales et groupes insurgés. Les autorités locales ont immédiatement pointé du doigt l’Inde, accusée de soutenir les auteurs de l’attaque, une thèse fermement rejetée par New Delhi.
Selon les premiers éléments de l’enquête, un kamikaze se serait approché du bus avant de déclencher l’explosion. Outre les quatre jeunes victimes, le chauffeur et un employé de la société de transport ont également péri dans l’attentat. Le gouvernement provincial a promis une réponse ferme contre les « complices de l’Inde », bien qu’aucun groupe n’ait revendiqué l’attaque pour l’instant. En réponse, l’Inde a qualifié ces accusations de « mensongères », tout en exprimant sa compassion envers les familles touchées.
Cette tragédie survient dans un contexte de regain de tensions entre les deux puissances nucléaires, malgré un cessez-le-feu récent. Les relations bilatérales, déjà exécrables, se sont encore dégradées après une série d’incidents frontaliers et des accusations mutuelles de soutien au terrorisme. Islamabad affirme que New Delhi finance les rebelles baloutches, tandis que l’Inde dénonce le Pakistan comme un sanctuaire pour groupes extrémistes.
La province du Baloutchistan, riche en ressources mais minée par l’insécurité, est régulièrement le théâtre d’attaques attribuées à des séparatistes ou à des factions jihadistes. Ces derniers mois, les violences y ont augmenté, tout comme dans les zones frontalières de l’Afghanistan, où les talibans au pouvoir sont accusés de tolérer des bases rebelles. Le Premier ministre pakistanais a condamné avec virulence ce « crime contre des innocents », jurant que les coupables ne resteraient pas impunis.
Avec plus de 1.600 morts en 2024, le Pakistan connaît sa pire année en matière de sécurité depuis près de dix ans. Les forces de l’ordre et les civils paient un lourd tribut dans cette spirale de violence, rappelant le massacre de Peshawar en 2014, où plus de 150 personnes, principalement des enfants, avaient péri dans l’assaut d’une école. La communauté internationale observe avec inquiétude cette nouvelle flambée de tensions, craignant une escalade incontrôlable dans une région déjà hautement volatile.





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