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Économie

Ariane 6 accélère son rythme pour conquérir le marché spatial européen

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_**La nouvelle fusée européenne prévoit de doubler ses lancements en 2026, avec un premier vol pour Amazon en février, tout en appelant les États membres à consolider la souveraineté industrielle du continent.**_

Le programme Ariane 6 entre dans une phase opérationnelle cruciale. Son exploitant, Arianespace, annonce l’objectif de sept à huit missions pour l’année à venir, marquant une nette accélération après les quatre vols réalisés en 2025. Cette cadence soutenue doit démontrer la fiabilité et la polyvalence du lanceur, conçu pour répondre à une large gamme de besoins, des satellites gouvernementaux aux méga-constellations privées.

Le prochain décollage, prévu en février depuis le Centre spatial guyanais, sera historiquement dédié à Amazon. Il s’agira du premier contrat commercial pour la fusée, les missions précédentes ayant servi des clients institutionnels européens, notamment pour les programmes Galileo et Copernicus. Cette configuration particulière verra Ariane 6 équipée de quatre propulseurs d’appoint, portant sa capacité d’emport en orbite basse à 21,6 tonnes.

L’alliance avec le géant du commerce en ligne représente un tournant stratégique. Avec dix-huit tirs planifiés sur un carnet de commandes d’une trentaine de vols, Amazon devient un partenaire majeur. Cette collaboration offre à Arianespace une visibilité et une régularité indispensables pour optimiser ses chaînes de production et réduire ses coûts. Pour Amazon, elle constitue une diversification de ses capacités d’accès à l’espace, face à la domination de son concurrent Starlink, opéré par SpaceX.

Les dirigeants du consortium soulignent que cette dynamique commerciale bénéficie in fine aux projets de souveraineté européenne. La montée en cadence et l’expérience acquise préparent le lanceur aux futures exigences du programme de connectivité sécurisée IRIS² de l’Union européenne, dont le déploiement est attendu avant la fin de la décennie. Elle le rend également plus compétitif pour répondre aux besoins de défense des États membres.

Cependant, un défi politique persiste. Les responsables d’Arianespace regrettent que le principe d’une préférence européenne pour les lancements institutionnels ne soit pas systématiquement appliqué, certains pays envisageant encore de recourir à des opérateurs extra-européens. Cette situation contraste avec les pratiques en vigueur aux États-Unis ou en Chine, où les contrats publics soutiennent prioritairement l’industrie spatiale nationale.

Dans ce contexte, un effort particulier de conviction est engagé auprès de l’Allemagne. Arianespace ambitionne de positionner Ariane 6 comme le vecteur naturel pour la future constellation satellitaire de la Bundeswehr, dont le contrat devrait échoir à l’industriel Rheinmetall, en partenariat avec la start-up finlandaise Iceye. Remporter ce marché face à la concurrence établie de SpaceX constituerait un signal fort pour la consolidation d’une base industrielle spatiale autonome en Europe.

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