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Alain Carignon relève le défi à Grenoble

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_**L’ancien maire, malgré un lourd passé judiciaire, défie la favorite écologiste Laurence Ruffin dans une bataille municipale où rien n’est encore joué.**_

La cité alpine, considérée comme un bastion historique de la gauche, s’apprête à tourner une page politique. Après deux mandats du maire écologiste sortant Éric Piolle, qui ne se représente pas, une dizaine de listes se disputent sa succession. Parmi elles, celle de l’ancien édile Alain Carignon, candidat Les Républicains, tente de créer la surprise face à la favorite des sondages, Laurence Ruffin, portée par une large coalition de gauche.

Selon une récente enquête d’opinion, la cheffe d’entreprise, sœur du député François Ruffin, recueillerait 34 % des intentions de vote au premier tour, devançant Alain Carignon (25 %) et le candidat de La France insoumise, Allan Brunon (10 %). Laurence Ruffin incarne la continuité de la majorité sortante, promettant d’ouvrir une nouvelle page sans renier la trajectoire écologiste engagée depuis 2014.

Son principal adversaire, âgé de 77 ans et ancien ministre, ne désarme pas pour autant. Condamné dans les années 1990 pour des faits de corruption, il mise sur un discours sécuritaire, dénonçant une ville qu’il estime livrée aux trafics de stupéfiants. Sa campagne tous azimuts a récemment été renforcée par le ralliement du candidat centriste Pierre-Édouard Cardinal, une manœuvre qui, si elle se concrétisait dans les urnes, pourrait sensiblement réduire l’écart avec la liste de gauche.

Cette alliance locale a toutefois provoqué des remous au sein de la majorité présidentielle, dont certains membres ont pris leurs distances. Malgré cela, les soutiens de M. Carignon estiment que cette recomposition bouleverse le paysage politique local et peut lui permettre de l’emporter. La candidate écologiste nationale, Marine Tondelier, venue apporter son soutien à Laurence Ruffin, a pour sa part minimisé la menace, affirmant que Grenoble n’était pas sa principale préoccupation électorale.

L’issue du scrutin pourrait en réalité se jouer sur la capacité des différentes forces de gauche à converger. Marine Tondelier a appelé à un vote utile dès le premier tour en faveur de Laurence Ruffin, évoquant un possible électrochoc lié au contexte national. Pour le second tour, les écologistes restent ouverts à des discussions au cas par cas, sans accord national préétabli avec La France insoumise.

La tête de liste de la gauche, qui fédère déjà huit formations, dont le Parti socialiste, ne ferme aucune porte. Elle n’exclut pas non plus un rapprochement avec d’autres listes citoyennes et écologistes présentes dans la course. Son objectif affiché est clair, préserver Grenoble comme une ville de gauche et un laboratoire de l’écologie politique, engageant ainsi une bataille dont l’incertitude demeure le maître mot.

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