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Paramount Skydance tente de rassurer le secteur face à une fusion à 111 milliards de dollars

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Lors du salon CinemaCon à Las Vegas, la direction du groupe a présenté ses garanties pour l’après-rachat de Warner Bros. Les professionnels, marqués par les précédents, restent circonspects quant aux promesses d’un volume de production soutenu.

Paramount Skydance a déployé cette semaine une stratégie de persuasion à l’intention des exploitants de salles, réunis au CinemaCon. L’objectif était clair. Il s’agissait de démontrer que l’acquisition de Warner Bros, évaluée à 111 milliards de dollars, serait bénéfique pour l’ensemble de la filière cinématographique. Les assurances fournies n’ont cependant pas suffi à dissiper les réticences, nombreuses dans la profession.

Lors d’une intervention vidéo, l’acteur Tom Cruise a incarné l’optimisme officiel du studio, évoquant un avenir radieux depuis le site emblématique de Hollywood. David Ellison, à la tête de Paramount Skydance, a quant à lui pris la parole pour détailler les engagements du futur groupe. Il a notamment promis une production annuelle d’au moins trente longs-métrages et le maintien d’une fenêtre d’exploitation en salles de quarante-cinq jours avant toute diffusion sur les plateformes de streaming. Ces annonces visaient explicitement à calmer les craintes d’une contraction des investissements et des suppressions d’emplois.

Le scepticisme des professionnels puise ses racines dans l’histoire récente de l’industrie. Plusieurs observateurs rappellent le précédent du rachat de la 20th Century Fox par Disney. Des promesses similaires avaient alors été formulées concernant le niveau de production, avant que celui-ci ne soit significativement réduit. Cette expérience conduit aujourd’hui bon nombre d’exploitants à accueillir les déclarations de Paramount Skydance avec une certaine prudence.

La principale organisation de salles aux États-Unis, qui orchestre le CinemaCon, a fait part de ses réserves. Son président a reconnu la volonté affichée de répondre aux interrogations soulevées par les concentrations dans le secteur. Il a toutefois estimé que des engagements plus concrets seraient nécessaires pour apaiser les inquiétudes. Par ailleurs, une coalition de plus d’un millier de personnalités, comprenant acteurs et réalisateurs, s’est publiquement opposée à l’opération. Dans une lettre ouverte, elles estiment que cette fusion se traduira par moins de créativité, une réduction des emplois et, in fine, une offre appauvrie pour le public.

L’accord, annoncé en février, doit encore recevoir l’aval des autorités de régulation américaines. Il intervient dans un contexte de lente reprise pour le secteur, après les difficultés liées à la pandémie. Pour les exploitants, la clé du succès résidera dans la capacité du nouvel ensemble à tenir ses promesses de production ambitieuse. Or, le montant colossal de la transaction, qui s’accompagne d’un endettement considérable, alimente les doutes sur sa faisabilité économique. Certains dirigeants de salles soulignent la difficulté de concilier le remboursement d’une telle somme avec les investissements massifs requis pour réaliser trente films par an. La viabilité à long terme de ce modèle constitue ainsi la question centrale pour l’ensemble de la profession.

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