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Culture

Les architectes de l’imaginaire des années 80

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Derrière les séries cultes qui ont bercé toute une génération, deux créateurs, Jean Chalopin et Bernard Deyriès, évoquent avec pudeur l’aventure artistique et humaine qui les a unis.

L’univers de l’animation française des années 1980 porte leur signature. Jean Chalopin, auteur et producteur, et Bernard Deyriès, dessinateur, ont conjointement donné vie à des œuvres devenues des références, de « Ulysse 31 » aux « Mystérieuses Cités d’or », en passant par « Inspecteur Gadget ». Leur collaboration a façonné l’enfance de millions de téléspectateurs, un héritage qui suscite toujours une vive émotion lorsqu’ils rencontrent aujourd’hui ces enfants devenus adultes.

Leur première création commune, « Ulysse 31 », diffusée à la fin de l’année 1981, marqua un tournant. Cette transposition de l’Odyssée d’Homère dans un décor de science-fiction, fruit d’une coproduction franco-japonaise inédite, semblait alors un pari audacieux. Le succès fut pourtant au rendez-vous, dépassant les frontières et trouvant même un écho dans les salles de classe, où les enseignants s’en servirent comme support pédagogique. La série connaît aujourd’hui une nouvelle existence grâce à une diffusion en version restaurée.

Ce triomphe initial ouvrit la voie à une fructueuse série de productions. Leur société, DIC, s’implantera même aux États-Unis pour devenir un acteur majeur du secteur. Leur processus créatif partait souvent d’une simple intuition, d’une phrase lancée en l’air, comme ce fut le cas pour « Inspecteur Gadget », né d’une idée de Jean Chalopin visant à détourner avec humour le concept d’un célèbre feuilleton américain.

Leur rencontre remonte à leur adolescence à Tours. Leur complicité professionnelle, forgée sur une complémentarité de caractères, a traversé les décennies. Jean Chalopin décrit son partenaire comme un pilier solide et tenace, tandis que Bernard Deyriès voit en lui un rêveur capable de se montrer pragmatique. Une relation de respect mutuel qui perdure, comme en témoigne l’usage constant du vouvoiement, signe non pas de distance mais d’une amitié singulière ayant résisté à l’épreuve du temps.

Le parcours de Jean Chalopin a pris par la suite une orientation inattendue vers le monde bancaire, une reconversion qui l’a placé sous les projecteurs médiatiques à la suite de la faillite de la plateforme FTX. Interrogé sur ce sujet, il se contente d’affirmer sa sérénité, renvoyant à un documentaire en préparation. L’essentiel, pour ces deux hommes, demeure l’œuvre commune laissée derrière eux, un patrimoine animé qui continue de faire rêver.

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