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Une robe de seconde main pour dire oui à l’avenir

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Au cœur de la gare d’Utrecht, un couple a uni ses destinées en plaçant l’engagement écologique au centre de sa célébration. Leur approche redéfinit les codes traditionnels du mariage.

Lara Beters a su reconnaître sa robe en quelques instants. Quelques jours après avoir prononcé son consentement dans le hall animé de la gare centrale d’Utrecht, la jeune femme évoque avec sérénité cette pièce d’occasion aux lignes sobres. Sa décision s’inscrit dans une démarche globale, celle d’un mariage conçu pour minimiser son empreinte environnementale. Pour elle et son époux Mathijs Dordregter, communiquer sur la possibilité d’opter pour des alternatives durables lors d’un événement aussi symbolique revêtait une importance capitale.

C’est dans une boutique éphémère installée sur place, gérée par la fondation néerlandaise Free Fashion, que la future mariée a déniché sa tenue. L’initiative vise spécifiquement le secteur du mariage, souvent synonyme de consommation éphémère. Les créatrices de ces robes, fréquemment composées de matériaux complexes et portées une seule fois, représentent un défi écologique majeur. La fabrication d’une seule pièce générerait une quantité de carbone comparable à un long trajet automobile, et son recyclage reste très difficile, expliquent les spécialistes. À l’échelle nationale, avec plusieurs milliers d’unions célébrées chaque année, l’impact cumulé devient significatif.

Pour sensibiliser le public à cette problématique, Free Fashion a lancé une campagne incitant les futurs mariés à donner une seconde vie à des robes déjà portées. Le cofondateur de l’organisation, Lot van Os, y voit un symbole puissant. Selon lui, célébrer l’amour entre deux personnes devrait s’accompagner d’une considération pour la planète. La structure, qui s’appuie sur un réseau de centaines de bénévoles, intervient également auprès des entreprises pour promouvoir l’économie circulaire, notamment via des systèmes d’échange de vêtements entre collaborateurs.

La démarche du jeune couple néerlandais a été pensée dans ses moindres détails, bien au-delà de la seule robe. Le costume du marié provient également de l’occasion. Les convives ont été invités à arborer leurs plus belles trouvailles de friperie pour la cérémonie. Le repas de célébration sera végétarien et l’accès au restaurant se fera par les transports en commun ou à bicyclette. Chaque élément de la décoration a déjà servi lors de précédentes réceptions.

Interrogée sur l’avenir de sa robe après cette journée unique, Lara Beters est catégorique. L’idée de la laisser dormir dans une penderie est exclue. Son vœu est de perpétuer cette nouvelle tradition, en permettant à la tenue de connaître d’autres chapitres, pour que le symbole de son engagement personnel devienne aussi une promesse pour l’environnement.

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