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Les Catacombes de Paris dévoilent une nouvelle scénographie

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_**L’ossuaire municipal, fermé pour d’importants travaux de restauration, rouvre ses portes au public avec un parcours muséographique entièrement repensé.**_

À vingt mètres sous la surface, le silence des galeries a récemment cédé la place à l’activité d’un chantier d’envergure. Ces travaux, jugés indispensables pour la conservation du site, ont notamment porté sur la modernisation des systèmes de ventilation, d’éclairage et de gestion de l’humidité. L’environnement souterrain, où le taux d’hygrométrie avoisine les quatre-vingt-dix pour cent, exigeait une intervention technique approfondie pour préserver les structures et les ossements.

Le parcours de visite a été intégralement repensé. Il s’articule désormais autour de deux séquences distinctes. La première est consacrée à l’histoire des anciennes carrières de calcaire, dont l’exploitation a fourni la pierre ayant servi à édifier une grande partie de la capitale. La seconde conduit le public au cœur de l’ossuaire municipal, où reposent les restes de plusieurs millions de Parisiens, transférés à partir de la fin du XVIIIe siècle. L’ambition affichée est de susciter un regain d’intérêt auprès des habitants de la région parisienne, tout en maintenant l’attrait international du lieu.

La nouvelle scénographie mise en place vise à renforcer l’expérience sensorielle des visiteurs. Un éclairage soigneusement étudié, parfois tamisé, met en valeur la disposition des ossements et évoque l’atmosphère des visites à la lueur des bougies, pratiquées jusqu’au milieu des années 1970. Le parti pris muséographique a été de maintenir une certaine proximité avec les dépouilles, sans interposition de barrières physiques, tout en rappelant avec insistance l’impératif de ne rien toucher.

Les travaux de maçonnerie ont requis une expertise particulière, notamment pour le remontage de certaines structures d’ossements, appelées « hagues », selon les techniques traditionnelles. L’acheminement des matériaux et l’évacuation des déblais en sous-sol ont constitué l’un des défis logistiques majeurs de cette opération. La majeure partie des gravats a d’ailleurs été recyclée sur place.

Cette réouverture marque une nouvelle étape pour ce site unique, qui continue d’interroger, par sa simple présence, le rapport des vivants à leur histoire et à la mémoire collective.

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