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Économie

Les métaux précieux perdent leur éclat face aux turbulences géopolitiques

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Contre toute attente, l’or et l’argent ont enregistré un net recul depuis l’éclatement des hostilités au Moyen-Orient. Un mouvement qui interroge sur le statut traditionnel de valeur refuge de ces actifs.

La récente flambée des tensions régionales a provoqué un reflux marqué des cours de l’or et de l’argent, effaçant une part substantielle des plus-values engrangées depuis le début de l’année. Ce repli, a priori surprenant pour des actifs réputés sûrs, s’explique par plusieurs mécanismes financiers et logistiques déclenchés par le conflit.

Confrontés à une volatilité extrême, de nombreux opérateurs ont procédé à des ventes rapides pour se constituer des liquidités, notamment en dollars américains. Cette devise, indispensable pour régler les transactions pétrolières dont les prix ont fortement augmenté, est devenue une priorité. Les métaux précieux, ayant connu une appréciation significative en amont des événements, ont naturellement été parmi les premiers actifs cédés pour répondre à ce besoin immédiat de trésorerie.

La perspective d’un resserrement monétaire pèse également sur l’attrait relatif de l’or et de l’argent. La crainte d’une poussée inflationniste, alimentée par la hausse des cours des hydrocarbures, pourrait inciter les principales banques centrales, à commencer par la Réserve fédérale américaine, à relever leurs taux directeurs. Dans un tel environnement, les actifs générant un rendement, comme les obligations d’État, deviendraient mécaniquement plus compétitifs que les métaux précieux, qui n’en offrent pas.

Par ailleurs, le conflit perturbe sévèrement les circuits logistiques essentiels au marché physique. Le transport aérien des métaux vers et depuis Dubaï, plaque tournante cruciale pour l’approvisionnement de l’Inde, est entravé. Cette dislocation temporaire des flux, privant le marché d’une partie de sa demande structurelle, exerce une pression supplémentaire à la baisse sur les cours à court terme.

Le secteur industriel, grand consommateur d’argent pour les technologies solaires, les batteries électriques ou l’informatique, voit aussi ses perspectives assombries par les risques de ralentissement économique global, contribuant à fragiliser la demande.

À plus longue échéance, certains analystes estiment que le contexte pourrait néanmoins redevenir porteur pour l’or, si la combinaison d’un endettement public élevé et d’une stagflation venait à s’installer, renforçant alors son rôle de protection patrimoniale. Pour l’heure, la prime à la liquidité et les anticipations de hausse des taux restent les facteurs dominants, expliquant cette baisse inattendue des métaux précieux en période de crise.

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