Nous rejoindre sur les réseaux

Culture

Hermann Huppen, monument de la bande dessinée, s’est éteint

Article

le

Le maître du dessin réaliste, auteur de séries cultes comme « Jeremiah », est décédé à Bruxelles à l’âge de quatre-vingt-huit ans. Son œuvre immense a profondément marqué le neuvième art.

La disparition d’Hermann Huppen, survenue dimanche, laisse un grand vide dans le paysage de la bande dessinée. L’artiste belge, plus connu sous le seul nom d’Hermann, s’est éteint à Bruxelles des suites d’une maladie, a fait savoir lundi sa maison d’édition historique, Le Lombard. Elle salue la mémoire d’un « créateur insatiable », dont la carrière s’est étendue sur plus de six décennies.

Né en 1938 près de Liège, Hermann a imposé son style graphique puissant et son sens du récit à travers quelque cent vingt albums. Son trait, d’un réalisme saisissant, a servi une imagination fertile, explorant avec une égale maîtrise le western, la science-fiction, le médiéval ou le fantastique. Cette diversité témoigne d’une curiosité artistique jamais tarie.

L’auteur a notamment révolutionné le genre avec la série « Jeremiah », entamée à la fin des années 1970. Cette fresque post-apocalyptique, qui comptera quarante-deux volumes, a offert une vision sombre et mature de l’humanité, contribuant à émanciper la bande dessinée de son public traditionnellement jeune. L’œuvre, adaptée pour la télévision américaine, reste une référence absolue.

Reconnu par ses pairs, Hermann avait reçu en 2016 le Grand Prix de la Ville d’Angoulême, couronnant l’ensemble de sa production. Après des collaborations avec les plus grands éditeurs du secteur, il avait récemment entamé une nouvelle saga western, « Duke », et achevait un album en collaboration avec son fils, scénariste. Cet ultime ouvrage, intitulé « Cartagena », doit paraître dans les prochaines semaines.

Par son exigence graphique et la densité de ses scénarios, Hermann a durablement influencé des générations de dessinateurs. Son héritage, à la fois populaire et exigeant, demeure l’un des piliers les plus solides de la bande dessinée franco-belge.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus