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L’ancien patron des stups face à la justice pour une saisie historique de cannabis

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_**Le parquet de Bordeaux prononce ce lundi ses réquisitions contre François Thierry, jugé pour avoir, selon l’accusation, facilité l’entrée en France de plusieurs tonnes de résine de cannabis en 2015. L’affaire met en lumière les méthodes controversées des services de lutte antidrogue.**_

L’audience s’est poursuivie ce lundi au tribunal correctionnel de Bordeaux, où le ministère public doit exposer ses conclusions dans une affaire qui a durablement marqué les services de police. François Thierry, ancien directeur de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants, est jugé pour complicité de trafic et destruction de preuves. Il est soupçonné d’avoir favorisé, en 2015, l’acheminement d’un important chargement de cannabis sur le territoire national, dans le cadre d’une opération d’infiltration ayant mal tourné.

Les débats, entamés la semaine dernière, ont été perturbés par l’absence de l’un des principaux coaccusés, Sophiane Hambli, jugé par contumace. Ce dernier, actuellement incarcéré au Maroc, est présenté par l’accusation comme le commanditaire de l’importation de sept tonnes de résine de cannabis, découvertes par les douanes dans le XVIe arrondissement de Paris. Le parquet, qui avait initialement requis un non-lieu à l’encontre de l’ancien commissaire, doit désormais se prononcer après que les juges d’instruction ont ordonné un renvoi devant le tribunal correctionnel.

À la barre, François Thierry a défendu la stratégie qu’il avait mise en place à la tête de l’office, consistant à infiltrer des réseaux criminels en utilisant des informateurs, quitte à autoriser temporairement l’introduction de substances illicites pour mieux identifier les responsables. Il a reconnu des dysfonctionnements dans le déroulement de l’opération, évoquant un « naufrage » sur le plan opérationnel, tout en niant toute volonté de dissimulation à l’égard de l’autorité judiciaire. L’ancien responsable policier a par ailleurs laissé entendre que son indicateur aurait pu agir de son propre chef, en dehors du cadre défini.

Les débats ont également porté sur le volume exact de la cargaison, les estimations variant considérablement selon les protagonistes. Alors que la saisie effective s’élève à environ quinze tonnes, les déclarations des différents intervenants font état de quantités bien supérieures. Pour sa part, Sophiane Hambli affirme n’avoir été qu’un simple logisticien exécutant une mission validée par les services de police. Il encourt une peine pouvant aller jusqu’à vingt années d’emprisonnement.

Les conclusions du parquet, attendues pour durer plusieurs heures, devront préciser les responsabilités respectives de chacun dans cette affaire aux ramifications complexes. Le verdict, qui interviendra après les plaidoiries des avocats de la défense, est attendu pour la fin du mois. Ce procès a conduit, à la suite des faits, à une refonte des procédures et des cadres d’intervention dans la lutte contre les trafics de stupéfiants en France.

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