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L’affaire Alessandri, une vérité à réviser

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La condamnation d’Edwige Alessandri pour le meurtre de son mari en 2000 est de nouveau contestée. Son avocat saisit ce jeudi la Cour de révision, s’appuyant sur une contre-enquête qui pointe la possibilité d’un cambriolage fatal.

Le parcours judiciaire d’Edwige Alessandri connaît un nouveau rebondissement. Condamnée à trois reprises, dont définitivement à dix ans de réclusion criminelle en 2009, pour l’homicide de son époux Richard, elle dépose une nouvelle requête en révision. Son conseil, Me Damien Brossier, présente ce jeudi un dossier d’une soixantaine de pages devant la seule juridiction habilitée à ordonner un nouveau procès.

L’affaire remonte à la nuit du 16 juillet 2000, à Pernes-les-Fontaines. Richard Alessandri, chef d’entreprise, est tué par balle dans son sommeil. L’enquête initiale, menée par la gendarmerie, s’oriente rapidement vers un maricide, malgré la rétractation de l’un des fils du couple qui avait initialement accusé sa mère.

Une contre-enquête, récemment publiée, avance une piste radicalement différente. Elle évoque un cambriolage ayant mal tourné, impliquant quatre individus déjà connus pour des faits similaires. Un élément matériel vient étayer cette thèse, l’ADN de l’un de ces hommes ayant été identifié sur des mégots de cigarettes retrouvés près des lieux. L’auteur de cette investigation estime que les premières investigations ont été entachées de partialité et de négligences.

La défense espère que ces nouveaux éléments permettront à la Cour de révision d’envisager la réouverture du dossier. Cette juridiction, dont les décisions sont rares, avait déjà été saisie une première fois. Une information judiciaire complémentaire avait alors été confiée à la police judiciaire de Montpellier en 2012. Sa responsable à l’époque avait jugé la piste du cambriolage « cohérente ». Pourtant, les investigations ultérieures furent confiées au service enquêteur d’origine, aboutissant à un non-lieu en 2018 puis au rejet de la première demande de révision.

Libérée après avoir purgé sa peine, Edwige Alessandri vit désormais dans le sud de la France. Son avocat souligne l’impact dévastateur de cette condamnation sur sa vie, évoquant une femme réveillée en pleine nuit dans des circonstances dramatiques, et privée de tout, y compris de ses enfants pendant de longues années. L’enjeu de la procédure engagée est désormais de déterminer si des preuves suffisantes existent pour justifier la réouverture d’une instruction. La chambre d’instruction de la Cour de révision rendra sa décision dans les prochains mois.

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