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Un système mafieux à la barre des témoins

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_**L’ancien directeur général des services de Menton a livré, mercredi, un récit accablant sur les pratiques financières de l’équipe municipale. Son témoignage, au cœur du procès des ports, a directement mis en cause le maire sortant.**_

L’audience du tribunal correctionnel de Marseille a été marquée par une déposition d’une rare fermeté. L’ancien directeur général des services de la ville, reconnu lanceur d’alerte dans cette affaire, a décrit avec précision des mécanismes de contournement des règles de la commande publique. Il a employé des termes sans équivoque pour qualifier les agissements qu’il a observés, pointant du doigt ce qu’il a nommé un « système » organisé.

Le magistrat a interrogé le premier édile, âgé de quatre-vingts ans, sur une facture de communication d’un montant de 4 500 euros. Cette dépense, liée à la production de vidéos pour sa campagne électorale de 2022, avait été indûment imputée sur le budget communal. Interpellé sur ce point, l’élu a finalement concédé que cette opération ne serait plus réalisée aujourd’hui, reconnaissant implicitement le caractère irrégulier de la transaction.

L’affaire, qui secoue la commune depuis trois ans, concerne des détournements de fonds publics présumés au sein de la Société publique locale gestionnaire des deux ports de Menton. Les investigations estiment le préjudice à près de 870 000 euros, une somme contestée par la défense. Ces fonds auraient financé des dépenses personnelles, incluant des voyages et des frais de bouche.

Le témoin a expliqué comment il avait découvert, après la clôture officielle des comptes de campagne, que plusieurs factures restaient impayées. Cette révélation l’a conduit, selon ses dires, à comprendre l’ampleur des manœuvres. Il a souligné avec une ironie amère le décalage entre les promesses de transparence faites durant la campagne et les pratiques qu’il a constatées. Le fonctionnaire, actuellement en arrêt maladie et démis de ses fonctions malgré plusieurs injonctions judiciaires en sa faveur, s’est montré visiblement ému en évoquant sa situation.

Onze personnes, pour la plupart des proches de l’ancien président de la SPL, comparaissent dans ce dossier. Quatre d’entre elles ont déjà fait l’objet de condamnations dans le cadre de procédures distinctes. Les débats se poursuivent devant la juridiction marseillaise.

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