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La justice grecque s’apprête à rendre son arrêt dans l’appel historique d’Aube dorée

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_**Le verdict du procès en appel des principaux cadres du parti néonazi, jugés pour une série de violences dont le meurtre d’un rappeur, est attendu ce mercredi à Athènes.**_

La cour d’appel d’Athènes doit prononcer ce mercredi sa décision concernant plus de quarante anciens membres et dirigeants d’Aube dorée. Cette formation politique, aujourd’hui dissoute, avait été reconnue comme une organisation criminelle en première instance. Les prévenus font face à des accusations multiples, notamment celle d’avoir orchestré l’assassinat du rappeur et militant antifasciste Pavlos Fyssas en 2013, ainsi que des agressions violentes contre des migrants.

Lors du premier procès, qui s’était étalé sur cinq années, les principaux responsables, dont le fondateur Nikos Michaloliakos, avaient été condamnés à de lourdes peines d’emprisonnement pour meurtre, coups et blessures et détention illégale d’armes. Le parquet avait alors démontré le fonctionnement hiérarchique et militarisé du groupe, calqué sur des modèles extrémistes. Le procureur avait requis en décembre la confirmation de ces condamnations, qualifiant le parti d’héritier direct de l’idéologie nazie.

Plusieurs figures emblématiques du mouvement purgent déjà leurs peines. L’ancien député européen Yiannis Lagos a été extradé de Belgique pour ce faire, tandis que l’ancien porte-parole Ilias Kasidiaris est également incarcéré. Le procès en appel a été marqué par des incidents, comme le salut hitlérien effectué en 2022 par un avocat de la défense, Constantinos Plevris, geste qui lui a valu sa radiation du barreau.

Né dans la marginalité il y a plusieurs décennies, Aube dorée avait connu une ascension électorale rapide lors de la crise financière des années 2010, capitalisant sur le rejet des politiques d’austérité. Le parti était entré au Parlement hellénique en 2012, y siégeant jusqu’en 2019. Son discours, initialement ouvertement hitlérien, s’était par la suite teinté d’un nationalisme plus conventionnel pour séduire un électorat élargi, tout en conservant ses pratiques violentes et son idéologie xénophobe.

Le verdict de mercredi constitue l’ultime étape judiciaire d’une affaire qui a profondément marqué la société grecque, mettant en lumière les mécanismes d’une organisation politique structurée autour d’activités criminelles. Il clôt un chapitre judiciaire majeur dans la lutte contre l’extrémisme violent dans le pays.

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