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Économie

L’Europe déploie son bouclier industriel face à la concurrence mondiale

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La Commission européenne a présenté ce mercredi un projet de loi destiné à protéger et à relocaliser des secteurs stratégiques. Ce dispositif, longtemps débattu, marque un virage dans la politique industrielle du continent.

Bruxelles a finalement dévoilé son plan pour un « Made in Europe », un ensemble de propositions visant à soutenir la réindustrialisation du Vieux Continent. Portée par le vice-président de la Commission Stéphane Séjourné, cette législation dite d’« accélération industrielle » cherche à préserver des filières jugées essentielles, comme l’automobile ou les énergies décarbonées, confrontées à une concurrence internationale intense et aux défis de la transition écologique.

La mesure centrale du texte instaure un principe de « préférence européenne », une approche jusqu’ici évitée en raison de ses connotations protectionnistes. Elle obligera les entreprises de secteurs stratégiques bénéficiant de fonds publics à réaliser une partie de leur production ou de leurs approvisionnements au sein de l’Union. Ce mécanisme s’inspire de politiques similaires mises en œuvre par d’autres grandes puissances économiques.

L’adoption de ce projet a été retardée par de vifs désaccords entre les États membres et au sein même de l’exécutif européen. Les discussions ont porté sur l’utilité, l’ampleur et les limites précises du dispositif. Des pays comme l’Allemagne et les nations nordiques, initialement réticents, ont finalement soutenu l’initiative à condition qu’elle soit strictement ciblée.

En conséquence, le périmètre final apparaît plus restreint que ne le laissait envisager le projet initial. Selon les versions du texte, l’obligation d’utiliser de l’acier bas carbone dans les projets publics ne s’accompagnera pas d’une exigence de provenance européenne, une disposition critiquée par la filière sidérurgique. En revanche, les secteurs de l’automobile et des technologies vertes, comme les panneaux solaires et les batteries, devraient bien être concernés.

La définition géographique du « Made in Europe » a constitué un autre point de friction majeur. Plusieurs capitales ont plaidé pour ne pas exclure les entreprises implantées dans des pays partenaires proches, afin d’éviter des représailles commerciales et de préserver les chaînes d’approvisionnement. Des États comme le Royaume-Uni, la Turquie, le Japon ou la Suisse espèrent ainsi bénéficier d’un traitement favorable.

Le projet législatif prévoit également d’imposer des contreparties en matière d’emploi et de recherche aux investisseurs étrangers souhaitant réaliser certains projets en Europe. Enfin, il inclut des dispositions plus consensuelles pour simplifier et accélérer les procédures administratives liées à la construction ou à l’extension de sites industriels.

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