Faits Divers
Le parquet suisse appelle à l’apaisement après une confrontation tendue entre les proches des victimes et les propriétaires du bar incendié
Les tensions sont vives à Sion, où l’enquête sur l’incendie meurtrier de Crans-Montana se poursuit. Une nouvelle audience a donné lieu à des échanges houleux entre les familles endeuillées et les gérants de l’établissement, poussant le ministère public à lancer un appel au calme.
Le parquet du Valais a invité les parties à la retenue, jeudi, à l’issue d’une journée d’audience marquée par une vive émotion. Une dizaine de proches des victimes s’étaient rassemblés devant le tribunal régional de Sion pour interpeller le couple de Français propriétaires du bar Le Constellation, à leur arrivée. Les échanges, empreints de douleur et de colère, ont précédé l’interrogatoire de l’un des deux gérants.
Un adolescent de quatorze ans, frère d’une des victimes décédées, a notamment apostrophé les mis en cause. « Vous avez tué mon grand frère », a-t-il lancé, exigeant un regard. D’autres parents présents ont exprimé leur refus de tout pardon et leur exigence de vérité. L’incendie survenu dans la nuit de la Saint-Sylvestre a coûté la vie à quarante-et-une personnes, pour la plupart des adolescents et de jeunes adultes, et a fait cent quinze blessés, certains se trouvant toujours dans un état critique.
L’enquête judiciaire, ouverte pour homicide et lésions corporelles par négligence ainsi que pour incendie par négligence, vise les propriétaires de l’établissement ainsi que deux responsables successifs du service de sécurité de la station de Crans-Montana. Les auditions, auxquelles peuvent assister les familles, se déroulent à huis clos.
En marge de la procédure, un bref échange a eu lieu mercredi entre le couple de gérants et une mère de deux jeunes femmes blessées, en présence de leurs conseils respectifs. La rencontre, décrite comme improvisée, n’a selon cette dernière donné lieu à aucune forme d’absolution. « Je les ai écoutés, et ça s’arrête à ça », a-t-elle précisé.
Les investigations doivent déterminer les circonstances exactes du sinistre, attribué selon les premières constatations à l’inflammation de mousse acoustique par des bougies décoratives. Elles examineront également le respect des normes de sécurité, la commune ayant reconnu l’absence de contrôles incendie annuels dans le bar depuis plusieurs années.
Certains avocats des parties civiles déplorent la lenteur de l’instruction et estiment que les responsabilités politiques doivent être examinées. Une plainte a ainsi été déposée contre le maire de Crans-Montana. Les propriétaires du bar, quant à eux, se sont engagés à assumer leurs responsabilités. L’un d’eux, précédemment placé en détention provisoire, est libre sous caution et soumis, comme son épouse, à des mesures de contrainte.
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