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Mouvement social d’ampleur chez Ubisoft face à une restructuration contestée

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_**Le géant français du jeu vidéo fait face à un mouvement de grève de trois jours, ses salariés français dénonçant un nouveau modèle organisationnel et la remise en cause du télétravail.**_

Un mouvement de grève de trois jours a débuté ce mardi au sein d’Ubisoft. Cette action, lancée par les syndicats, vise à protester contre la réorganisation interne annoncée fin janvier et la quasi-suppression du travail à distance. Des rassemblements et des piquets sont organisés devant les principaux sites français du groupe, à Paris, Bordeaux, Montpellier, Annecy et Lyon. Un rassemblement est également prévu devant le siège de Saint-Mandé en début d’après-midi. D’autres studios à l’international pourraient se joindre à la mobilisation.

Cette colère trouve son origine dans le nouveau plan stratégique dévoilé il y a quelques semaines. Celui-ci prévoit un recentrage des activités, avec l’abandon de plusieurs projets de jeux et un objectif d’économies de 200 millions d’euros sur les deux prochaines années. Pour les équipes, cette restructuration s’accompagne d’un retour à cinq jours de présence hebdomadaire sur site, assorti d’un quota annuel limité de télétravail. Une décision vécue comme une régression majeure, après les tensions sociales de l’année dernière sur ce même sujet.

Les représentants du personnel expriment une défiance grandissante envers la direction. Ils pointent des choix industriels jugés hasardeux et redoutent que les annonces récentes ne soient que les prémices de nouveaux ajustements d’effectifs. Un projet de plan de départs volontaires concernant 200 postes au siège a notamment accru les inquiétudes. La direction affirme de son côté que ce nouveau modèle, organisé autour de « maisons de création » spécialisées et de pôles mutualisés, est indispensable pour regagner en compétitivité.

Le contexte financier du groupe reste tendu. Ubisoft anticipe une perte opérationnelle d’un milliard d’euros pour son exercice annuel en cours. Ces dernières années, l’éditeur a procédé à la fermeture de plusieurs studios à l’étranger et a réduit ses effectifs mondiaux de plusieurs milliers de personnes. La direction assure poursuivre le dialogue avec les salariés pour expliquer ces évolutions, tout en reconnaissant qu’elles provoquent des réactions vives au sein des équipes.

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