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Culture

4211 kilomètres, la scène comme rempart contre l’oubli

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_**Portée par la comédienne et autrice Aïla Navidi, la pièce « 4211 km » incarne, bien au-delà d’un récit intime, un engagement artistique au service de la mémoire et des combats du peuple iranien.**_

La scène du Studio Marigny, à Paris, accueille jusqu’à la fin du mois une œuvre théâtrale au puissant écho contemporain. « 4211 km », doublement récompensée aux Molières l’an dernier, retrace le parcours d’une famille contrainte à l’exil après la révolution de 1979. À travers le personnage de Yalda, née en France, la pièce explore les thèmes universels du déracinement, de la construction identitaire et de la nostalgie d’une patrie devenue inaccessible.

Ce monologue, porté par son autrice et interprète principale, puise largement dans son histoire personnelle. Franco-iranienne, Aïla Navidi n’a en effet jamais foulé le sol de son pays d’origine, une distance symbolisée par les 4211 kilomètres qui séparent Paris de Téhéran. La création, initialement conçue comme un témoignage familial, a progressivement acquis une dimension politique plus large, résonnant avec l’actualité brûlante en Iran.

L’artiste souligne aujourd’hui le caractère impérieux de son travail. Elle y voit une forme de devoir, une responsabilité de porter la voix de celles et ceux qui, en Iran, luttent pour leurs libertés fondamentales. Chaque représentation s’achève ainsi par un moment solennel, une évocation visuelle des victimes des répressions passées et récentes, transformant la pièce en un acte de mémoire face à l’effacement.

Pour la metteuse en scène, documenter ces parcours de vie, qu’ils soient ceux des exilés des années 1980, des dissidents emprisonnés ou des nouvelles générations en lutte, constitue un impératif. Dans un contexte où les informations sont souvent fragmentées ou étouffées, le théâtre devient un espace de vérité et de résistance culturelle. Aïla Navidi exprime une profonde préoccupation pour ses proches restés au pays, partagée entre une inquiétude permanente et une forme de stupeur face aux événements.

L’aspiration ultime qui traverse son œuvre reste cependant celle d’un retour. Un retour qui ne serait possible, affirme-t-elle, que dans un Iran libéré de l’oppression. En attendant ce jour, « 4211 km » continue sa route, avec une seconde troupe actuellement en tournée à travers l’Hexagone, assurant la persistance d’un récit essentiel et la transmission d’une espérance têtue.

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