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Culture

Le grand déménagement des temps anciens au Muséum de Paris

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_**La Galerie de Paléontologie et d’Anatomie comparée, joyau du Jardin des Plantes, entame une métamorphose silencieuse. Ses milliers de résidents fossiles et squelettes font l’objet d’une vaste opération de préservation avant des travaux de rénovation majeurs.**_

Une activité méthodique règne dans les allées de la célèbre galerie. Des équipes spécialisées procèdent, pièce par pièce, au conditionnement et au déplacement de centaines de spécimens. Cette manœuvre précède une fermeture complète du site pour une durée prévue de dix-huit mois, le temps d’une mise aux normes et d’une restauration approfondie des lieux. L’établissement, fermé au public depuis le mois de janvier, retrouvera son aspect originel à l’été 2027, avec pour seule évolution notable la création d’un accès adapté.

L’opération dépasse la simple logistique. Elle offre aux scientifiques une opportunité unique d’examiner des collections parfois immobiles depuis l’inauguration des lieux en 1898. Chaque manipulation révèle l’état de conservation de ces témoins du vivant. Un squelette de rongeur datant du XIXe siècle, par exemple, a nécessité une intervention immédiate après que son transfert ait mis en lumière plusieurs fractures. Une douzaine de pièces particulièrement fragiles seront ainsi confiées à des restaurateurs externes spécialisés.

Parallèlement, la recherche se poursuit. Les paléontologues et anatomistes ont établi une liste de quatre-vingts spécimens à extraire pour des études en cours, garantissant la continuité des travaux scientifiques malgré la fermeture. Pour les autres, un inventaire minutieux guide leur relocalisation temporaire au centre des salles, à l’abri des futurs chantiers sur les façades et les menuiseries.

La préoccupation majeure des équipes réside dans la protection des pièces contre les vibrations induites par les travaux. Des gestes d’une extrême précaution sont accomplis, comme le calage renforcé du squelette d’un jeune éléphant ou la descente méticuleuse de crânes monumentaux accrochés aux cimaises. L’objectif est de préserver l’intégrité structurale d’ensembles parfois instables.

Ces travaux de rénovation visent également à améliorer les conditions de conservation à long terme. L’isolation du bâtiment, insuffisante, expose les collections à des variations thermiques néfastes. Les squelettes de mammifères marins, riches en lipides, en subissent directement les effets. La modernisation discrète qui s’annonce permettra de stabiliser cet environnement, assurant la pérennité d’un patrimoine qui, à sa manière, demeure étonnamment vivant.

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