Planète
Le Japon se prépare à une absence inédite, celle de ses derniers pandas
Pour la première fois depuis un demi-siècle, l’archipel nippon va se retrouver sans son ambassadeur à fourrure. Les deux derniers spécimens, prêtés par la Chine, quittent Tokyo ce dimanche, un départ qui résonne au-delà des enclos du zoo.
Une foule d’admirateurs s’est rassemblée ce dimanche au jardin zoologique d’Ueno, à Tokyo, pour une ultime rencontre. Les visiteurs, certains émus aux larmes, ont observé les frères Lei Lei et Xiao Xiao déguster leurs dernières pousses de bambou sur le sol japonais. Ces jumeaux de quatre ans, uniques représentants de leur espèce dans le pays, entameront leur voyage de retour vers la Chine dans les prochains jours.
Ce départ marque la fin d’une présence continue des pandas géants au Japon depuis 1972, année de la normalisation des relations diplomatiques entre Tokyo et Pékin. Leur prêt s’inscrivait dans le cadre de la « diplomatie du panda », une pratique par laquelle la Chine utilise ces animaux emblématiques comme vecteurs de soft power. Leur rapatriement survient dans un climat de fortes tensions entre les deux nations, notamment sur la question de Taïwan.
L’annonce de ce retour a été faite de manière abrupte le mois dernier, peu après des déclarations de la Première ministre japonaise évoquant une éventuelle intervention militaire en cas d’attaque sur l’île. Pékin, qui considère Taïwan comme partie intégrante de son territoire, avait vivement réagi. La gestion du zoo d’Ueno, dépendant de la municipalité de Tokyo, avait ensuite confirmé que ce dimanche serait le dernier jour d’exposition publique des deux mammifères.
Pour leur dire adieu, près de 4 400 personnes, sélectionnées par tirage au sort en ligne, ont pu défiler devant leur enclos. Beaucoup arboraient des peluches, sacs ou vêtements à leur effigie. Parmi eux, Gen Takahashi, un Tokyoïte de 39 ans venu en famille, exprimait son regret. Il estimait que la présence des pandas favorisait un lien avec la Chine et souhaitait vivement leur retour futur.
D’autres admirateurs, comme Mayuko Sumida, ont fait le déplacement sans avoir gagné au tirage, simplement pour être à proximité. Elle décrivait l’attachement du public à ces animaux dont les attitudes presque humaines fascinent. Leur absence prochaine laisse un sentiment de vide, témoignant de la place particulière qu’ils occupaient dans le paysage culturel japonais.
Les deux pandas doivent être transférés vers une installation en Chine où réside déjà leur sœur aînée, Xiang Xiang, elle-même revenue du Japon fin 2023. Aucun accord n’a pour l’instant été évoqué concernant l’arrivée de nouveaux spécimens, laissant l’avenir de la « diplomatie du panda » entre les deux pays dans l’incertitude.
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