Société
Les secrétaires de mairie, ces piliers méconnus des communes rurales
Dans les villages de moins de 3 500 habitants, les secrétaires générales de mairie assurent la continuité administrative. Leur rôle, polyvalent et exigeant, est pourtant confronté à une crise de recrutement et de reconnaissance.
À Puyméras, dans le Vaucluse, le maire reconnaît s’appuyer entièrement sur sa secrétaire pour la gestion du budget et du personnel, allant jusqu’à lui confier l’accès à sa messagerie électronique. Cette professionnelle, en poste depuis vingt-cinq ans, constate une évolution marquée des responsabilités, avec une part croissante de contentieux et une relation parfois tendue avec le public.
Lors du récent congrès des maires du Vaucluse, une responsable des ressources humaines a souligné l’isolement fréquent de ces agents, qui endossent des charges comparables à celles d’un directeur général des services dans une grande ville. Leur quotidien dans les petites communes les transforme en véritables généralistes, capables de gérer des tâches techniques, administratives et parfois même des missions de suppléance, tout en maîtrisant un corpus juridique souvent plus étendu que celui de l’élu lui-même.
Présentes à près de 95 %, des femmes occupent ces fonctions, constituant la mémoire institutionnelle des municipalités au fil des mandats. Leur expertise compense également les difficultés d’accès au numérique pour une partie des administrés. Leur autonomie s’est accrue avec l’arrivée de nombreux maires exerçant une activité professionnelle parallèle, renforçant encore leur rôle central.
La pérennité de cette profession suscite des inquiétudes. Les représentants du secteur décrivent une vocation, mais pointent une rémunération qui ne suit pas le niveau d’exigence. En fin de carrière, le salaire brut plafonne autour de 2 300 euros pour un poste classé en catégorie C. Une réforme adoptée fin 2023 a permis un reclassement en catégorie B pour certaines secrétaires générales, mais des conditions d’ancienneté restrictives en limitent la portée, selon les associations.
La création de formations diplômantes, comme celle mise en place dans le Puy-de-Dôme, apparaît comme une piste pour attirer de nouveaux profils et préparer les départs à la retraite. La profession milite pour une certification nationale qui s’accompagnerait d’une revalorisation salariale, condition jugée essentielle pour assurer l’avenir de ce maillon indispensable de la vie communale.
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