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Économie

Le gouvernement tente d’étancher la colère des campagnes

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Face à une mobilisation agricole qui persiste et s’étend, l’exécutif dévoile un train de mesures présenté comme une « justice agricole », sans parvenir à calmer les esprits.

L’exécutif a présenté, vendredi soir, une série d’annonces destinées à répondre aux griefs du monde agricole. Ce plan, évalué à plusieurs centaines de millions d’euros, comprend notamment le doublement d’un fonds d’aide aux éleveurs confrontés à la dermatose nodulaire, une simplification des registres phytosanitaires et une augmentation des autorisations de tir pour la protection des troupeaux contre les loups. La ministre de l’Agriculture a par ailleurs évoqué la possibilité d’une évolution du protocole d’abattage systématique des troupeaux infectés, sous réserve d’un avis scientifique à venir.

Ces propositions, que la ministre des Comptes publics a explicitement liées au vote du budget et au rejet d’une motion de censure, sont largement jugées insuffisantes par les principales organisations syndicales. La Coordination rurale et la Confédération paysanne dénoncent l’absence de moratoire sur les contrôles administratifs et réclament l’arrêt pur et simple de l’abattage total des animaux. Pour ces syndicats, les annonces gouvernementales arrivent trop tard et ne répondent pas aux urgences du terrain. La FNSEA, de son côté, estime que le compte n’y est pas, regrettant notamment le manque de précision sur l’utilisation des enveloppes financières promises.

La contestation, qui s’est traduite vendredi par une cinquantaine d’actions dans une trentaine de départements, trouve également son origine dans le contexte européen. La signature imminente de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur cristallise les inquiétudes, poussant certains syndicats à appeler à une manifestation à Strasbourg la semaine prochaine. Parallèlement, des tensions sont apparues autour des modalités de la mobilisation. Alors que le ministre de l’Intérieur a justifié de ne pas avoir dispersé une action non déclarée de la Coordination rurale à Paris, deux porte-parole de la Confédération paysanne ont été brièvement interpellés dans la capitale, ce que l’organisation a vivement dénoncé.

Dans ce climat de défiance, les déclarations de la ministre de l’Agriculture, qui a salué le caractère globalement pacifique des manifestations tout en reconnaissant un « signal d’alarme majeur », peinent à rétablir le dialogue. Les appels à la démission de la ministre ou à la dissolution du gouvernement illustrent la profondeur de la fracture. L’issue du vote parlementaire sur le budget de la semaine à venir s’annonce dès lors comme un moment politique décisif pour l’apaisement d’un secteur en profond malaise.

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