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La filière du chou-fleur breton sous tension face à un déséquilibre historique

Une surproduction exceptionnelle rencontre une consommation en berne, mettant en péril l’activité de centaines de producteurs. La profession lance un appel au soutien.
La filière française du chou-fleur traverse une période difficile. Une conjonction de facteurs a conduit à une situation de déséquilibre marqué entre une offre abondante et une demande atone. Les volumes récoltés cette saison dépassent largement ceux des années précédentes, parfois du simple au double. Dans le même temps, les achats des ménages pour ce légume ont enregistré un recul sensible.
Cette crise affecte principalement la Bretagne, région qui concentre l’immense majorité de la production nationale. Une météo particulièrement clémente à l’automne a favorisé des rendements élevés, accentuant le phénomène de surproduction. Plusieurs pays voisins font face à des difficultés similaires, ce qui limite les débouchés à l’exportation.
Face à cette accumulation de stocks, la profession s’inquiète pour sa pérennité. Certains producteurs, dont les exploitations sont souvent familiales et transmises depuis des générations, évoquent avec amertume la possibilité de devoir cesser cette culture si la situation ne s’améliore pas. La question de la rémunération est au cœur des préoccupations, les prix pratiqués sur de nombreux marchés ne couvrant plus les coûts de production.
Pour tenter d’enrayer la crise, plusieurs initiatives ont été lancées. Des enseignes de la grande distribution proposent désormais le légume à des tarifs très bas, dans l’objectif de stimuler les ventes et d’écouler les invendus. Parallèlement, des collectivités locales se mobilisent. Dans les Côtes-d’Armor, les collèges sont incités à intégrer davantage de chou-fleur dans les menus de leurs cantines à partir du mois de janvier.
L’enjeu est de taille pour toute une filière régionale. Au-delà des appels ponctuels à la consommation, c’est la recherche d’un équilibre structurel entre production et marché qui s’impose pour éviter que des exploitations ne soient contraintes de renoncer à cette culture emblématique.

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