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Économie

Katanga, l’envers du décor de la ruée vers le cobalt

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Les habitants de Lubumbashi subissent depuis des années les conséquences de rejets industriels non maîtrisés. Une inondation suspecte a contraint les autorités à suspendre les activités d’une entreprise minière chinoise.

Dans la périphérie de Lubumbashi, capitale du cuivre et du cobalt, les paysages portent les stigmates d’une industrialisation effrénée. Les champs agricoles côtoient des installations minières dont les effluents, selon les riverains, contaminent les sols et les points d’eau. Une agricultrice du quartier de Kamatete évoque des récoltes qui dépérissent et une eau devenue impropre à la consommation. La situation illustre les tensions entre l’exploitation des ressources stratégiques et la protection des populations.

L’extraction des minerais, essentiels à la transition énergétique mondiale, génère des externalités environnementales majeures dans cette région qui produit l’essentiel du cobalt de la planète. Les installations de la société Congo Dongfang Mining (CDM), situées en hauteur, dominent plusieurs quartiers résidentiels. Les pluies saisonnières entraînent régulièrement des écoulements d’eaux colorées depuis le site vers les habitations en contrebas, un phénomène que les associations locales attribuent à des déversements volontaires.

Un épisode survenu début novembre a marqué un tournant. D’importants volumes d’eaux rougeâtres ont inondé les zones avoisinantes en l’absence de précipitations, suscitant une vive émotion. Les autorités provinciales ont réagi en suspendant temporairement les activités du site et en mandatant une commission d’enquête. Pour les observateurs, cette réaction officielle constitue une exception dans un contexte où le secteur minier opère généralement avec une grande latitude.

Les conclusions préliminaires des enquêteurs pointent une gestion défaillante des bassins de rétention. La société concernée a pour sa part invoqué un incident technique. Sur le terrain, les habitants décrivent des impacts sanitaires concrets, évoquant des irritations cutanées et la perte de denrées alimentaires. Des distributions de masques et d’eau embouteillée par l’entreprise ont été perçues comme des mesures palliatives insuffisantes par les représentants des quartiers affectés.

Au-delà de cet incident, la question des responsabilités institutionnelles est posée. Un membre de la commission d’enquête souligne que l’implantation même de l’usine, en amont des zones habitées, pose problème. Le ministre des Mines a reconnu publiquement des manquements dans le contrôle administratif, admettant une copart des responsabilités entre l’exploitant et les services de l’État. Ce dossier met en lumière les défis persistants de la régulation environnementale et sociale dans un secteur économique vital pour le pays.

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