Société
Le narcotrafic s’invite dans la bataille municipale marseillaise
La campagne électorale bascule dans un défi sécuritaire après l’assassinat d’un homme lié aux trafics de stupéfiants, poussant l’ensemble des candidats à réagir, à l’exception de l’extrême droite.
À quatre mois du scrutin municipal, la question du narcotrafic s’est imposée dans le débat public marseillais après la mort violente d’un individu connu des services de police. Jusqu’alors relativement absente des discussions, cette problématique a brutalement refait surface, conduisant les principaux prétendants à la mairie à afficher leur unité face à ce phénomène criminel. La cité phocéenne, considérée comme le principal foyer français du trafic de drogues, voit ainsi sa campagne électorale soudainement recentrée sur les enjeux de sécurité.
Le maire sortant, Benoît Payan, s’est présenté comme le garant d’une approche rassembleuse, appelant à une mobilisation générale des institutions dans les quartiers concernés. Il a défendu son bilan, évoquant le renforcement des effectifs de police municipale et l’installation de dispositifs de vidéoprotection, tout en insistant sur la nécessité de mesures sociales complémentaires incluant la rénovation urbaine et le développement des équipements publics.
Face à lui, Franck Allisio, candidat du Rassemblement national, a imputé à l’équipe municipale sortante la dégradation de la situation sécuritaire. Le parlementaire a annoncé son intention de créer la « première police municipale de France » et réclamé au gouvernement la proclamation de l’état d’urgence, ainsi que l’instauration d’un couvre-feu pour les mineurs.
Martine Vassal, représentante de la droite et du centre, a pour sa part prôné la concorde tout en promettant un « choc d’autorité », assorti d’une politique sociale ambitieuse. Cette position modérée contraste avec les discours traditionnellement tenus par son camp politique. De son côté, Sébastien Delogu, candidat de La France insoumise, a lancé un appel à dépasser les querelles partisanes pour permettre aux Marseillais de « dire stop » aux violences criminelles.
L’ensemble de la classe politique locale a manifesté sa solidarité en participant à une marche blanche organisée en mémoire de la victime. Cet événement a ravivé les craintes de pressions exercées par les réseaux criminels sur le processus démocratique. Des magistrats et responsables institutionnels avaient antérieurement alerté sur les risques d’ingérence, évoquant des possibilités de corruption via des dons en espèces ou en cryptomonnaies.
Interrogés sur d’éventuelles intimidations, les candidats contactés ont unanimement affirmé n’avoir enregistré aucun retrait dans leurs rangs. Le maire sortant a toutefois reconnu l’existence de craintes légitimes parmi certains élus, tout en jugeant essentiel de ne pas céder à la peur. Son entourage a souligné la nécessité de poursuivre le combat contre ces violences, malgré les risques pesant sur les acteurs politiques, judiciaires et médiatiques.
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