Monde
La contestation monte en République tchèque et en Slovaque
Des milliers de citoyens sont descendus dans les rues pour exprimer leur inquiétude face aux orientations politiques actuelles, qu’ils jugent contraires aux valeurs démocratiques acquises lors de la Révolution de Velours.
Les capitales tchèque et slovaque ont été le théâtre d’importants rassemblements à l’occasion de l’anniversaire de la Révolution de Velours. Les manifestants ont exprimé leur opposition aux dirigeants en place, Andrej Babis et Robert Fico, accusés de s’éloigner des principes démocratiques qui ont guidé la transition post-communiste. Ces mobilisations interviennent dans un contexte politique marqué par des alliances avec des formations d’extrême droite et des positions eurosceptiques.
À Prague, les protestataires ont brandi des banderoles sur lesquelles on pouvait lire « La République tchèque n’est pas à vendre ». Un étudiant présent sur place a confié craindre de voir son pays s’éloigner de l’Union européenne et se rapprocher de l’Est. Le mouvement rappelle les importantes manifestations de 2019, qui avaient rassemblé des centaines de milliers de personnes contre le même homme politique.
Le leader du parti ANO, récemment revenu au pouvoir, a formé une coalition gouvernementale incluant le parti d’extrême droite SPD. Cette alliance a suscité des critiques, d’autant plus que la présidence du parlement a été confiée à une personnalité poursuivie pour incitation à la haine. L’homme d’affaires, ancien membre du parti communiste, fait également l’objet d’accusations de détournement de fonds européens.
En Slovaquie, des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées dans plusieurs villes pour protester contre le gouvernement de Robert Fico. Les organisateurs estiment que certaines mesures prises par l’exécutif remettent en cause les acquis démocratiques. Le Premier ministre, qui exerce son quatrième mandat grâce au soutien du parti nationaliste SNS, a engagé une politique de rapprochement avec la Russie et adopté des positions critiques envers l’Ukraine.
Un entrepreneur présent à Bratislava a exprimé sa crainte de voir son pays devenir un « cheval de Troie » pour Moscou au sein de l’Union européenne. Une fonctionnaire a pour sa part évoqué un sentiment de déjà-vu, affirmant se battre pour l’avenir des générations futures. Ces mobilisations citoyennes témoignent des divisions profondes qui traversent les deux nations, trente-cinq ans après leur accession à la démocratie.
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