Économie
L’essor inattendu des spiritueux dans un Bangladesh musulman

Dans un pays où la consommation d’alcool est strictement réglementée, la distillerie publique Carew and Co enregistre des performances économiques exceptionnelles, illustrant une réalité commerciale singulière au cœur de contradictions sociétales.
Fondée il y a près d’un siècle sous l’administration coloniale britannique, l’unique distillerie agréée du Bangladesh poursuit ses activités dans un contexte pourtant marqué par une forte majorité musulmane. L’établissement public, spécialisé dans la production de whiskies et vodkas élaborés à partir de canne à sucre locale et d’arômes importés, connaît une prospérité croissante. Ses dirigeants annoncent des bénéfices records pour l’exercice écoulé, accompagnés de versements fiscaux équivalents à plusieurs millions d’euros.
Cette réussite industrielle s’explique notamment par les restrictions appliquées aux importations de boissons alcoolisées et par la qualité contrôlée des productions locales. Dans un marché où les alcools frelatés ont souvent provoqué des intoxications graves, les spiritueux de la marque représentent une alternative sécurisée pour les consommateurs autorisés. Le directeur général souligne que l’entreprise ne cherche pas à développer la consommation, mais répond à une demande existante dans le cadre légal.
L’accès à ces produits reste strictement encadré par l’obtention d’un permis gouvernemental, principalement délivré aux non-musulmans et aux résidents étrangers. Les travailleurs hindous des plantations de thé constituent une part significative de la clientèle, appréciant le rapport qualité-prix de ces spiritueux nationaux. Si les autorités religieuses rappellent l’interdiction théorique de l’alcool, des exemptions pratiques permettent le maintien de cette activité économique.
Malgré le regain d’influence des courants islamistes suite aux récents bouleversements politiques, la distillerie continue son activité sans entraves majeures. Les lignes de production tournent à plein régime dans l’usine de Darsana, près de la frontière indienne, où des centaines d’employés, dont certains n’ont jamais consommé d’alcool, contribuent à cette success story industrielle. Cette situation démontre la coexistence complexe entre normes religieuses, réalités économiques et pratiques culturelles dans le quatrième pays musulman le plus peuplé au monde.

PolitiqueEn Ligne 5 joursHollande recadre le débat sur les violences et refuse de tout imputer à LFI
PolitiqueEn Ligne 7 joursVinted, eBay et Leboncoin sous pression après les pillages du week-end
SociétéEn Ligne 5 joursÀ Ulm, le blocage devient une école de la critique
PolitiqueEn Ligne 6 joursAprès les violences, le RN veut incarner l’ordre
SociétéEn Ligne 6 joursLa CFDT réclame cent euros de plus pour tous et dénonce dix ans de verticalité
SociétéEn Ligne 5 joursLes livreurs veulent pouvoir échapper aux manifs sans perdre leur paie
PolitiqueEn Ligne 5 joursUltragauche, extrême gauche radicale et jeunes des quartiers, une alliance inédite dans les violences
Faits DiversEn Ligne 2 joursTrappes alerte sur les mots qui précèdent les balles
















