Société
L’ONG Amnesty International saisit le régulateur français contre l’algorithme de TikTok
L’organisation dénonce un mécanisme de recommandation qui amplifierait en moins d’une heure l’exposition des adolescents à des contenus liés à la dépression et aux comportements à risque.
Amnesty International France a formellement saisi l’Arcom, l’autorité de régulation audiovisuelle et numérique, pour dénoncer les pratiques algorithmiques du réseau social TikTok. Dans un rapport publié ce mardi, l’organisation non gouvernementale met en lumière un phénomène qualifié d’effet « spirale », par lequel des adolescents manifestant un intérêt pour des sujets liés à la tristesse se verraient proposer en quelques minutes des contenus plus sombres, incluant des références à l’automutilation ou à des idées suicidaires.
L’ONG a conduit une série d’expérimentations en créant des comptes fictifs représentant des utilisateurs de 13 ans. Après avoir visionné des vidéos évoquant des difficultés psychologiques, les fils d’actualité personnalisés ont rapidement été envahis par des contenus dépressifs. Selon les observations, des vidéos exprimant des pensées suicidaires sont apparues en moins de 45 minutes sur deux des trois comptes tests.
Amnesty International estime que la plateforme ne respecte pas ses obligations légales, notamment celles découlant du règlement européen sur les services numériques (Digital Services Act). L’organisation accuse TikTok de ne pas avoir mis en place les garde-fous nécessaires pour protéger les jeunes utilisateurs contre des contenus susceptibles de banaliser ou d’idéaliser des comportements dangereux.
Interrogé sur ces conclusions, le réseau social a contesté la méthodologie employée, affirmant que l’expérience avait été conçue pour produire un résultat prédéterminé sans refléter les comportements réels des utilisateurs. TikTok souligne par ailleurs que la grande majorité des vidéos contraires à ses règles sont retirées avant même d’avoir été visionnées.
L’Arcom a confirmé avoir reçu la saisine et indiqué qu’elle transmettrait à la Commission européenne toute preuve d’infraction au cadre réglementaire européen. Cette démarche s’inscrit dans un contexte de vigilance accrue des institutions européennes, qui ont ouvert une procédure d’enquête contre la plateforme en février dernier concernant la protection des mineurs.
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