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Faits Divers

La Manche, tombeau de l’exil

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Deux femmes somaliennes ont perdu la vie lors d’une traversée clandestine, tandis qu’un troisième corps était découvert dans le Nord, rappelant la dangerosité persistante de ces parcours migratoires.

Deux ressortissantes somaliennes ont trouvé la mort dans la nuit de vendredi à samedi au cours d’une tentative de passage vers l’Angleterre au départ des côtes du Pas-de-Calais. Leurs décès interviennent alors que les services de secours repêchaient simultanément le corps d’un homme dans un canal de Gravelines, portant à vingt-six le nombre de personnes disparues cette année dans ces circonstances.

L’embarcation surchargée avait quitté la plage de Neufchâtel-Hardelot en début de nuit avant de dériver pendant près d’une heure, incapable de reprendre sa route. À son retour sur le littoral, une soixantaine de naufragés frigorifiés ont été pris en charge par les services d’urgence. Parmi eux, un couple et leur enfant présentaient des signes d’hypothermie et ont été évacués vers l’hôpital de Boulogne-sur-Mer.

Le corps retrouvé à Gravelines, celui d’un homme non identifié âgé de vingt-cinq à trente-cinq ans, aurait séjourné dans l’eau pendant une durée indéterminée selon les premières constatations. Ces événements surviennent dans un contexte de reprise des départs clandestins, favorisée par une amélioration des conditions météorologiques. Les autorités françaises indiquent avoir interrompu plusieurs tentatives de traversée grâce au déploiement renforcé des forces de l’ordre.

Malgré les moyens déployés par Paris avec le soutien financier de Londres, le flux migratoire persiste. Plus de trente-deux mille personnes ont réussi la traversée depuis janvier, un niveau record. Le récent accord bilatéral entré en vigueur en août, prévoyant des transferts réciproques de migrants, demeure pour l’heure d’une portée limitée face à la détermination des candidats à l’exil.

Dans le camp précaire de Loon-Plage, non loin de Dunkerque, des migrants confient leur résignation devant les périls maritimes. Un Palestinien originaire d’Irak résumait cet état d’esprit en affirmant que la traversée représentait un ultime recours, malgré les risques mortels encourus. Ces paroles résonnent comme un amer constat sur l’impuissance des politiques à endiguer un phénomène qui continue de faucher des vies humaines.

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