Économie
Stellantis tourne le dos à l’hydrogène, un coup dur pour la filière française
Le groupe automobile annonce l’arrêt de son programme dédié aux utilitaires, fragilisant ainsi l’usine Symbio et relançant le débat sur la viabilité de cette technologie.
La décision de Stellantis de se retirer du développement des véhicules à hydrogène marque un tournant pour cette énergie souvent présentée comme une alternative prometteuse aux carburants fossiles. Le groupe, qui regroupe notamment les marques Peugeot et Fiat, met ainsi un terme à son partenariat avec Symbio, une coentreprise spécialisée dans les piles à combustible, dont l’usine lyonnaise devait produire 50 000 systèmes annuels d’ici 2026.
Les véhicules à hydrogène, bien que technologiquement avantageux pour leur autonomie et leur temps de recharge réduit, peinent à s’imposer face aux modèles électriques. Leur coût élevé, tant à l’achat qu’en infrastructure, ainsi que la rareté des stations de ravitaillement, en font encore un marché marginal. Jean-Philippe Imparato, responsable Europe de Stellantis, justifie ce retrait par l’absence de rentabilité prévisible à moyen terme.
Pourtant, la France mise largement sur cette technologie, avec près de 9 milliards d’euros engagés dans le cadre des plans France Relance et France 2030. L’objectif affiché est de positionner le pays comme leader de l’hydrogène décarboné, notamment pour les secteurs industriels et les transports lourds. Mais le retrait de Stellantis, suivi par celui de Renault qui a liquidé son usine de Flins, soulève des interrogations sur la pérennité de cette stratégie.
Seuls quelques constructeurs, comme Toyota, Hyundai et BMW, maintiennent leurs investissements dans cette voie. Le constructeur allemand prévoit même le lancement d’un SUV à hydrogène en 2028, en collaboration avec Toyota. Oliver Zipse, PDG de BMW, défend cette énergie comme un levier d’indépendance stratégique pour l’Europe, face à la domination asiatique dans le domaine des batteries.
En Chine, où l’hydrogène connaît un essor significatif, près de 24 000 véhicules équipés circulent déjà, soutenus par un réseau de plus de 500 stations. Le sauvetage récent de Safra, dernier fabricant français de bus à hydrogène, par le groupe Wanrun illustre cette dynamique. Alors que l’Europe hésite, l’Asie avance, laissant planer le doute sur l’avenir d’une technologie encore en quête de modèle économique viable.
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Yolanda Goyette
16 juillet 2025 at 13 h 58 min
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