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Économie

Francfort face à son paradoxe : entre soin des toxicomanes et colère des riverains

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Au cœur de la capitale financière allemande, le quartier de la gare cristallise les tensions autour de la consommation de crack en plein centre-ville.

À quelques pas des sièges bancaires et des tours futuristes, le quartier de la gare centrale de Francfort offre un contraste saisissant. Ici, entre sex-shops et salles de jeu, des toxicomanes errent, pipe à crack à la main, sous le regard désemparé des passants. La municipalité, pionnière en matière de réduction des risques depuis les années 1990, envisage d’ouvrir une nouvelle salle de consommation supervisée, dédiée aux fumeurs de crack. Une mesure qui divise.

D’un côté, les autorités sanitaires défendent une approche pragmatique : ces espaces sécurisés sauvent des vies en évitant les overdoses et en offrant un accompagnement médical. Depuis leur mise en place, le nombre de décès liés à la drogue a chuté. Mais pour les commerçants et habitants excédés, ces centres aggravent les nuisances. Excréments, seringues usagées et altercations sont devenus le quotidien d’un quartier déjà fragilisé.

Certains élus dénoncent une « économie parallèle de la drogue », attirant dealers et usagers de toute l’Allemagne. D’autres, comme Wolfgang Barth, travailleur social de longue date, rappellent l’urgence d’agir là où les besoins sont les plus criants. « Les consommateurs de crack sont trop affaiblis pour parcourir de longues distances », explique-t-il. Une réalité que confirme Stirpan, un ancien élagueur devenu sans-abri : « Quand tu as ta dose, tu ne penses qu’à la fumer immédiatement. »

Entre tolérance et répression, Francfort cherche un équilibre difficile. Faut-il déplacer ces structures en périphérie, comme en Suisse ? Ou continuer à soigner sur place, malgré les tensions ? Le débat dépasse les frontières du Bahnhofsviertel, interrogeant la place des politiques de santé publique dans l’espace urbain.

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