Monde
Coup d’Etat au Niger : l’ambassadeur de France à Niamey est pris en otage

Le régime militaire qui a pris le pouvoir le 26 juillet à Niamey avait fait savoir fin août qu’il donnait 48 heures à Sylvain Itté pour quitter le territoire.
« Au Niger, au moment où je vous parle, nous avons un ambassadeur et des membres diplomatiques qui sont pris en otage littéralement à l’ambassade de France », a déclaré le chef de l’Etat. C’est lors d’un déplacement à Semur-en-Auxois, en Bourgogne, qu’Emmanuel Macron a fait référence à la situation de l’ambassadeur de France au Niger. Le président de la République a déclaré que l’ambassadeur n’était pas libre de ses mouvements dans le pays, “pris en otage” par les militaires.
Le régime militaire qui a pris le pouvoir le 26 juillet à Niamey avait fait savoir fin août qu’il donnait 48 heures à Sylvain Itté pour quitter le territoire nigérien. Depuis le coup d’Etat, la France estime quant à elle que la seule autorité légitime au Niger reste celle du président Mohamed Bazoum, élu démocratiquement, et que les militaires n’ont aucune légitimité pour de telles demandes.
« On empêche de livrer la nourriture. Il mange avec des rations militaires », a ajouté Emmanuel Macron. L’ambassadeur Sylvain Itté n’a « plus la possibilité de sortir, il est persona non grata et on refuse qu’il puisse s’alimenter », a-t-il martelé.
Quant à un éventuel rapatriement de l’ambassadeur en France, le président a déclaré qu’il ferait ”ce que nous conviendrons avec le président Bazoum, parce que c’est lui l’autorité légitime et je lui parle chaque jour”.
Depuis la prise de pouvoir par les militaires à Niamey, le président de la République appelle à la « restauration de l’ordre constitutionnel » au Niger et à la libération du président nigérien Mohamed Bazoum, renversé le 26 juillet. ”Ce coup d’État est un coup contre la démocratie au Niger, contre le peuple nigérien et contre la lutte anti-terrorisme », avait-t-il dénoncé.
La ministre des Affaires étrangères Catherine Colonna a quant à elle déclaré la semaine dernière que si la France dénonce le “coup d’Etat au Niger”, ”c’est que derrière les paravents de bonne gouvernance et de salut de la patrie, il n’y a rien d’autre que la négation de la démocratie », a-t-elle expliqué. « Il faut parfois revenir à des réalités simples: il n’y a pas de putschistes démocrates, comme il n’y avait pas hier de Talibans modérés ».

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