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Washington tente de sceller une paix fragile dans l’est du Congo

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Alors que les présidents congolais et rwandais s’apprêtent à parapher un nouvel accord sous l’égide des États-Unis, les combats se poursuivent sur le terrain, illustrant les profondes divisions qui minent la région.

Donald Trump reçoit ce jeudi à la Maison Blanche ses homologues de la République démocratique du Congo et du Rwanda. L’objectif affiché de cette rencontre est la ratification formelle d’un texte visant à mettre un terme aux violences qui déchirent depuis trente ans l’est de la RDC. Pourtant, à la veille de cette cérémonie, de violents affrontements ont une nouvelle fois éclaté dans la province du Sud-Kivu entre l’armée congolaise et le groupe rebelle M23, régulièrement accusé de bénéficier du soutien de Kigali.

Cette reprise des hostilités survient malgré la signature préalable d’un accord de paix entre les deux pays, parrainé par Washington au mois de juin. Les parties s’accusent mutuellement de violations répétées du cessez-le-feu, y compris dans le cadre d’un processus de médiation parallèle conduit à Doha. Les combats des derniers jours, rapportés par des sources locales, auraient causé d’importantes pertes civiles et des destructions matérielles.

La situation sécuritaire s’est considérablement dégradée depuis le début de l’année avec la prise par le M23 de plusieurs agglomérations majeures. Les multiples trêves conclues et rompues depuis la réémergence de ce mouvement en 2021 ont provoqué le déplacement de centaines de milliers de personnes et une crise humanitaire d’ampleur. Le Rwanda justifie ses positions sécuritaires par la menace que feraient peser sur son territoire d’autres factions armées opérant dans l’est congolais.

La cérémonie de signature doit se tenir à l’Institut américain pour la paix, récemment rebaptisé en l’honneur du président américain. Selon les informations disponibles, l’accord comporterait plusieurs dimensions, incluant un volet sécuritaire concernant le désarmement des groupes armés, un cadre de coopération économique régionale et un partenariat stratégique avec les États-Unis relatif aux ressources minières.

Cette dimension économique suscite des interrogations. La RDC, premier producteur mondial de cobalt et détentrice d’immenses réserves de coltan, constitue un enjeu géostratégique majeur dans la compétition pour les minerais critiques. L’administration américaine a exprimé son souhait de voir ces ressources exploitées en partenariat avec Washington plutôt qu’avec Pékin. Les autorités congolaises ont toutefois tenu à préciser qu’aucune concession sur la souveraineté nationale n’était envisagée, rejetant l’idée d’un troc entre paix et accès aux matières premières. La possibilité que des discussions annexes portent sur d’autres sujets de politique étrangère américaine, comme la gestion des flux migratoires, n’a pas été écartée.

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