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Venezuela, entre libérations promises et crispation politique

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Alors que Caracas a annoncé la remise en liberté de détenus, les attentes demeurent fortes dans les rangs de l’opposition. L’ancien chef de l’État, incarcéré aux États-Unis, maintient quant à lui un discours de résistance.

Les engagements pris par les autorités vénézuéliennes concernant la libération de personnes détenues pour des motifs politiques tardent à se concrétiser pleinement. Les proches des prisonniers et les organisations de défense des droits humains observent une mise en œuvre très limitée des annonces faites jeudi dernier, qui évoquaient pourtant un nombre significatif de remises en liberté. Cette mesure, présentée par le gouvernement comme un geste en faveur de la coexistence pacifique, est perçue à l’étranger comme une conséquence des pressions internationales.

La situation reste marquée par des tensions. Un collectif d’organisations non gouvernementales a récemment fait part du décès en détention d’un fonctionnaire de police, arrêté en décembre pour avoir critiqué les autorités. Cet événène survient dans un contexte où les appels à la libération des opposants se multiplient. Parallèlement, depuis son incarcération aux États-Unis où il est jugé pour des accusations liées au trafic de stupéfiants, l’ancien président Nicolas Maduro affiche une posture déterminée. Dans un message diffusé samedi, il s’est décrit, ainsi que son épouse, comme des combattants.

À Caracas, des manifestations de soutien à l’ancien dirigeant continuent d’être organisées, bien que la mobilisation semble varier en intensité. Ces rassemblements coïncidaient cette fin de semaine avec l’anniversaire du début de son troisième mandat, une fonction dont la légitimité est contestée par une partie de la classe politique vénézuélienne et par plusieurs chancelleries. De son côté, la présidente par intérim, Delcy Rodríguez, a réaffirmé son engagement à œuvrer pour le retour de l’ancien chef de l’État, tout en poursuivant des discussions avec Washington.

Les relations entre les deux pays, rompues depuis 2019, font l’objet d’un réexamen. Le gouvernement vénézuélien a indiqué explorer un possible rétablissement des liens diplomatiques. Des échanges ont eu lieu à Caracas avec des représentants américains. L’administration du président Donald Trump a confirmé maintenir un contact étroit avec les autorités en place, tout en émettant une mise en garde formelle à l’intention de ses ressortissants, les exhortant à quitter le territoire vénézuélien en raison d’une situation sécuritaire jugée imprévisible. Les autorités vénézuéliennes ont rejeté cette alerte, assurant que le pays était parfaitement stable.

Dans ce climat d’incertitude, l’attente des familles reste palpable. Certaines se relaient devant des établissements pénitentiaires, espérant la libération de leurs proches. Le nombre total de détenus pour des raisons politiques au Venezuela fait l’objet de débats, les estimations des organisations indépendantes oscillant entre huit cents et mille deux cents personnes. La question des prisonniers politiques demeure un point de friction majeur, illustrant les profondes divisions qui traversent le pays et les défis persistants sur la voie d’une résolution de la crise.

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