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Une signature à Washington, des combats au Kivu

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Alors que les présidents congolais et rwandais paraphent un nouvel accord sous l’égide de l’administration américaine, les affrontements s’intensifient sur le terrain, illustrant le fossé entre les déclarations diplomatiques et la réalité d’un conflit ancré.

Les chefs d’État de la République démocratique du Congo et du Rwanda se sont retrouvés ce jeudi à Washington pour une cérémonie protocolaire. L’événement, organisé au sein d’un institut récemment rebaptisé, visait à entériner un nouvel accord-cadre portant sur la sécurité et la coopération économique. Cette rencontre s’est déroulée à huis clos, loin des caméras, avant une séance de signature publique.

Cette démonstration de diplomatie contraste singulièrement avec la situation qui prévaut dans l’est de la RDC. Depuis plusieurs jours, et notamment ce jeudi, de violents accrochages ont opposé l’armée congolaise, soutenue par des partenaires internationaux, aux combattants du groupe M23. Les échanges de tirs, incluant des frappes aériennes, ont été rapportés aux alentours de localités de la province du Sud-Kivu, provoquant d’importants mouvements de population et des pertes civiles selon des témoignages recueillis sur place.

Le nouvel accord, présenté comme une avancée, comprend plusieurs dimensions. Il évoque un cadre pour l’intégration économique régionale, un partenariat stratégique avec les États-Unis concernant les ressources minières, ainsi que des mécanismes complexes pour le désarmement des factions armées. Les observateurs notent que la poursuite des hostilités, malgré un précédent accord signé sous les mêmes auspices il y a quelques mois, jette une ombre sur la portée réelle de ces engagements.

La région du Kivu, riche en minerais stratégiques comme le cobalt et le coltan, est le théâtre de conflits récurrents depuis des décennies. La récente offensive du M23, qui contrôle désormais plusieurs agglomérations majeures, a considérablement aggravé la crise humanitaire, déplaçant des centaines de milliers de personnes. Les accusations de violations de cessez-le-feu continuent de s’échanger entre Kinshasa et Kigali, ce dernier niant tout soutien officiel au groupe armé.

L’initiative américaine s’inscrit dans une volonté affichée de stabilisation, mais aussi dans un contexte de compétition pour l’accès aux ressources critiques pour les industries technologique et énergétique. L’efficacité de cette médiation, à l’heure où les armes continuent de parler sur le terrain, reste une question ouverte, tant les racines du conflit sont profondes et les intérêts en jeu complexes.

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