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Société

Une révocation sans précédent pour violences sexuelles dans un hôpital du Loir-et-Cher

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Le conseil de discipline de la fonction publique hospitalière a prononcé la radiation de deux médecins des urgences de Vendôme, une sanction exceptionnelle qui marque un tournant dans la gestion de tels agissements au sein du système de santé.

La procédure disciplinaire engagée à l’automne dernier contre deux praticiens hospitaliers du centre hospitalier de Vendôme vient de déboucher sur une mesure d’une sévérité rare. Le Centre national de gestion a acté leur révocation le 27 novembre. Cette décision, susceptible d’appel, concerne notamment le chef du service des urgences de l’établissement. Les deux hommes font l’objet d’une instruction judiciaire distincte, ouverte depuis le printemps dernier pour des faits d’agressions et de harcèlement sexuels.

Les accusations portent sur des agissements qui se seraient étalés sur plusieurs années, selon les informations du parquet de Blois. Huit plaignantes se sont manifestées, dont quatre affirment avoir été victimes des deux médecins simultanément. Les intéressés, placés sous contrôle judiciaire, contestent fermement l’ensemble des reproches qui leur sont adressés.

Les autorités sanitaires ont salué la fermeté de la sanction. La directrice générale de l’Agence régionale de santé Centre-Val de Loire a estimé que cette décision reflétait la gravité des faits et envoyait un signal fort contre les comportements sexistes et les violences au sein des établissements hospitaliers. Elle a également souligné que la parole des victimes avait été prise en compte, malgré la difficulté souvent liée à de telles démarches.

Cette affaire a provoqué un séisme au sein de l’hôpital de Vendôme, déjà confronté à des tensions importantes sur ses effectifs. L’établissement a dû faire face à la suspension temporaire de son agrément pour l’accueil des internes en médecine générale. Sa directrice avait exprimé sa stupéfaction face à des faits d’une telle gravité, commis par des professionnels n’ayant fait l’objet d’aucun signalement antérieur.

L’enquête judiciaire en cours implique également trois autres personnes. Un troisième médecin est poursuivi pour harcèlement sexuel et pourrait à son tour passer devant une instance disciplinaire. Deux cadres de santé font quant à elles l’objet de poursuites pour des faits de menaces et d’intimidation. Toutes récusent les accusations.

Ce dossier s’inscrit dans un mouvement plus large de libération de la parole sur les violences sexistes dans le milieu hospitalier, amplifié par des initiatives comme le « MeToo Hôpital ». De nombreux témoignages ont dénoncé une culture institutionnelle permissive, qualifiée de « patriarcale » et de « carabine », qui favoriserait ces dérives. L’établissement de Vendôme a, depuis les révélations, mis en œuvre un plan d’action spécifique pour lutter contre ces violences.

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