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Une plongée scientifique dans les abysses de l’Atlantique

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Une quarantaine de chercheurs embarquent à bord du navire océanographique Le Pourquoi pas ? pour une mission d’exploration des fonds marins. Leur objectif est de cartographier les sources hydrothermales, des écosystèmes uniques aussi convoités pour leurs métaux que fragiles.

Le navire océanographique Le Pourquoi pas ? appareille de Brest pour une campagne de plusieurs semaines au large. Cette expédition, menée sous l’égide de l’Ifremer et mandatée par l’Autorité Internationale des Fonds Marins, se concentrera sur la dorsale médio-atlantique. Les scientifiques y traqueront les champs hydrothermaux, ces formations géologiques sous-marines comparables à des geysers, d’où s’échappent des fluides chauds et riches en minéraux.

Ces cheminées abyssales constituent un enjeu scientifique et économique majeur. Elles libèrent en effet des sulfures polymétalliques, des dépôts contenant des métaux stratégiques pour les technologies numériques, les batteries ou l’aérospatiale. Cette mission représente la troisième phase d’exploration dans le cadre d’un contrat français visant à inventorier ces zones. Elle doit permettre d’identifier de nouveaux sites, qu’ils soient actifs ou éteints.

L’équipe dispose de moyens technologiques de pointe pour sonder les profondeurs. Le robot autonome Ulyx sera déployé pour réaliser des cartographies détaillées des fonds. Il sera complété par le submersible habité Nautile, capable de descendre à 6 000 mètres avec un pilote et deux observateurs à son bord. Ce véhicule historique, en service depuis 1984, offre aux géologues et aux biologistes une fenêtre unique pour observer et prélever des échantillons directement sur le terrain.

Ces écosystèmes extrêmes abritent une biodiversité remarquable et spécifique. Autour des sources chaudes prospèrent des communautés animales, comme des crevettes et des moules, ainsi qu’une multitude d’organismes microbiens. Leur simple localisation à l’échelle des océans demeure un défi technique. Les récentes observations suggèrent que ces habitats pourraient être bien plus nombreux que les estimations ne le laissaient supposer il y a vingt ans.

La mission a pour mandat d’évaluer le potentiel minier de ces zones tout en approfondissant les connaissances environnementales. Les chercheurs soulignent toutefois la prudence nécessaire. Si la présence de métaux est avérée, leur exploitation commerciale n’est pas à l’ordre du jour. Les impacts d’une telle activité sur ces milieux méconnus et sensibles restent largement incertains. La communauté scientifique estime qu’il est prématuré d’envisager une exploitation sans risques majeurs pour l’environnement abyssal.

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