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Une menace sous-estimée, des côtes plus vulnérables que prévu

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Les projections sur la montée des eaux, fondées sur des modèles théoriques, négligeraient des paramètres essentiels. Une réévaluation des risques s’impose, selon une nouvelle analyse.

La hausse du niveau marin le long des littoraux du globe serait plus importante que ne le laissent penser la plupart des études actuelles. Cette divergence, qui atteint en moyenne trente centimètres et peut se chiffrer en plusieurs mètres sur certains territoires, remet en cause l’évaluation des périls encourus par les populations côtières. Les travaux scientifiques récents, qui s’appuient sur des observations satellitaires précises, révèlent un écart systématique avec les estimations antérieures.

L’explication réside dans la méthodologie employée jusqu’à présent. Plus de neuf études sur dix se fondent sur des modèles gravitationnels, dits géoïdes, qui décrivent une mer théorique et calme. Ces modèles omettent des facteurs dynamiques déterminants, tels que les marées, les courants océaniques ou l’influence des vents. En négligeant ces éléments, ils sous-évaluent la réalité du niveau de la mer observé localement.

Les régions les plus affectées par ce biais sont l’Asie du Sud-Est et le Pacifique, où l’écart peut dépasser le mètre. Des sous-estimations sont également constatées en Amérique latine, sur la côte ouest nord-américaine, dans les Caraïbes, en Afrique, au Moyen-Orient et dans l’espace indopacifique. Cette situation expose davantage des États insulaires de faible altitude, déjà en première ligne face aux aléas climatiques.

Les conséquences sont substantielles. Une révision à la hausse des projections modifierait radicalement l’ampleur des risques de submersion. Selon les chercheurs, une élévation d’un mètre du niveau de la mer pourrait concerner près de quarante pour cent de terres supplémentaires par rapport aux scénarios antérieurs. Le nombre de personnes résidant sous le niveau marin potentiel serait ainsi accru de soixante-huit pour cent, soit jusqu’à cent trente-deux millions d’individus supplémentaires.

Cette méprise méthodologique constitue un angle mort aux implications majeures pour les politiques d’adaptation. Elle tend à réduire la marge de manœuvre pour la planification d’infrastructures de protection, comme les digues, et pourrait conduire à un manque de préparation face à l’accélération prévisible de la montée des eaux. Les auteurs de l’analyse appellent à une réévaluation urgente des cadres d’étude des risques côtiers à l’échelle mondiale.

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