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Politique

Une loi historique pour Mayotte adoptée après des mois de débats

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Le Parlement a définitivement validé un texte ambitieux visant à transformer le département français le plus pauvre, sept mois après le passage du cyclone Chido.

Les élus ont clos jeudi une session parlementaire mouvementée en adoptant définitivement le projet de loi destiné à refonder Mayotte. Ce texte, porté par le gouvernement, prévoit un investissement public de quatre milliards d’euros sur six ans et acte pour la première fois le principe de convergence sociale avec l’Hexagone d’ici 2031. Le Sénat a donné son feu vert par 228 voix contre 16, après un vote favorable de l’Assemblée nationale la veille.

Le ministre des Outre-mer a salué une avancée majeure pour le territoire, soulignant que cette loi marquait « une étape vers l’égalité réelle ». Mayotte, où 77% des habitants vivent sous le seuil de pauvreté, présente des disparités criantes, comme le montant du RSA, deux fois inférieur à celui de la métropole. Le texte entend également répondre à deux défis structurels, l’immigration clandestine et l’habitat illégal, qui concernent respectivement près de la moitié et un tiers de la population.

Parmi les mesures phares figurent le durcissement des conditions d’obtention des titres de séjour et des procédures accélérées pour la résorption des bidonvilles. Ces dispositions, vivement critiquées par la gauche, ont en revanche reçu le soutien du Rassemblement national, qui y voit une victoire politique. Les écologistes ont dénoncé une approche sécuritaire inédite, jugée inapplicable ailleurs en France.

Les attentes locales ont toutefois été partiellement satisfaites, avec la suppression programmée du visa territorialisé d’ici 2030 et l’organisation d’un recensement exhaustif dès 2025. Les élus mahorais ont également obtenu le retrait d’un article controversé sur les expropriations, après une forte mobilisation sur le terrain.

Si le gouvernement qualifie ce texte d' »historique », des voix s’élèvent pour pointer ses lacunes, notamment sur les questions d’accès à l’eau potable et de transition écologique. Une députée locale a ainsi rappelé que les coupures d’eau restaient monnaie courante, contrastant avec d’autres priorités nationales. Le chantier de Mayotte, visiblement, est loin d’être achevé.

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