Monde
Un scrutin fantôme dans l’ombre des armes
Dans l’est de la Birmanie, la circonscription de Pekon incarne la fracture du pays. Alors qu’une partie des bureaux de vote ont ouvert sous contrôle militaire, des milliers de déplacés, réfugiés dans des zones tenues par la rébellion, en sont exclus.
Le dimanche des ultimes opérations de vote pour les élections législatives, la circonscription de Pekon, dans l’État Shan, a offert un spectacle de division. Seuls les électeurs résidant dans les secteurs sous autorité de l’armée ont pu se rendre aux urnes. Le reste de la population, des centaines de familles déplacées par les combats, vit dans des camps situés en territoire rebelle, où aucun bureau n’était accessible. Cette géographie électorale morcelée illustre les limites de l’emprise du pouvoir en place depuis le coup d’État de 2021.
Perché sur une hauteur dominant une vallée, un poste de l’Armée nationale Kayan surveille un camp de fortune. Sous des abris de bambou et de bâches, la vie s’organise autour de feux pour lutter contre le froid matinal. Simonet, un quadragénaire déplacé, observe avec amertume le déroulement du scrutin à distance. « En pleine élection, ils continuent de bombarder les populations depuis les airs », affirme-t-il, sceptique quant à la capacité du processus à ramener la paix. Pour lui et beaucoup d’autres, ce vote organisé par la junte ne saurait être ni libre ni légitime.
Les autorités militaires ont présenté ces élections étalées sur plusieurs semaines comme une étape vers la réconciliation nationale. Pourtant, des offensives simultanées ont été lancées pour tenter de reprendre le terrain perdu face à une mosaïque de groupes armés d’opposition. La télévision publique a montré des images d’isoloirs ouverts dans les zones sécurisées, mais le pouvoir a dû annuler le scrutin dans près d’un cinquième des circonscriptions, reconnaissant implicitement son absence de contrôle sur de vastes portions du territoire.
Dans les régions où le vote a pu se tenir, le Parti pour l’Union, la Solidarité et le Développé, considéré comme la vitrine politique de la junte, est assuré de remporter une large majorité des sièges. Cette configuration prévisible a conduit des observateurs internationaux à douter de la crédibilité du processus. Pour les habitants du camp de Pekon, comme William, jeune homme de vingt ans, l’objectif est clair. « Ils organisent ce scrutin uniquement pour consolider leur emprise », estime-t-il. « Personne ne veut se présenter, et les gens n’ont aucune envie d’aller voter. Ce n’est pas le gouvernement que nous avons choisi. » Le fossé entre la narration officielle et la réalité vécue par des millions de Birmans apparaît, une fois de plus, infranchissable.
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