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Économie

Un Salon de l’Agriculture en demi-teinte, privé de son emblème

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Pour la première fois, l’événement parisien se déroule sans la présence des bovins, une absence qui modifie profondément l’atmosphère des pavillons et suscite des regrets parmi les professionnels comme le public.

L’ambiance du Salon international de l’Agriculture a changé de registre cette année. Dès l’entrée, ce sont les sonnailles enregistrées des alpages qui accueillent les visiteurs, un substitut sonore incapable de compenser le vide laissé par les troupeaux. La décision d’écarter les vaches, prise en raison des contraintes sanitaires liées à une dermatose, prive la manifestation de son attraction traditionnelle et d’une part essentielle de son identité. Les allées du Hall 1, habituellement animées par le mouvement et les odeurs caractéristiques des étables, semblent plus larges et plus silencieuses.

Pour de nombreuses familles, la visite conserve malgré tout son caractère de sortie incontournable. L’attrait des autres animaux, des dégustations régionales et de la machinerie agricole motive toujours les déplacements. Un père de famille venu de Soissons avec son fils souligne que l’essentiel réside dans la promenade et la découverte. Cette adaptation du public ne masque pas pour autant un sentiment général de manque. Les professionnels du secteur laitier expriment ouvertement leur déception. L’absence des éleveurs et de leurs animaux, habituellement au cœur des échanges, rompt un lien direct précieux avec les citadins et les acheteurs potentiels.

La symbolique politique de l’événement s’en trouve également affectée. Privé de la traditionnelle photographie avec l’animal mascotte, le chef de l’État a reporté son attention sur les stands ultramarins, valorisant leurs productions. Mais le rituel de la traite matinale, les concours d’élevage et les célèbres enchères de viandes limousines ont disparu de l’agenda. Quelques sculptures bovines en plastique et des photographies tentent, en vain, de rappeler la présence habituelle des bêtes.

Cette édition singulière profite à d’autres espèces. Les chevaux, par exemple, investissent l’espace libéré pour des présentations. Certains exposants ont choisi de mettre en avant leurs produits transformés, comme cette viande cuisinée proposée sur un stand régional. Pour un éleveur présent depuis plus de vingt ans, l’atmosphère est à la nostalgie. Il observe que les visiteurs, sans le point de contact vivant que constitue l’animal, passent plus rapidement. L’ensemble de la filière espère que cette configuration restera exceptionnelle, préservant ainsi la fonction de vitrine et de rencontre qui fonde la raison d’être de ce grand rendez-vous annuel.

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