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Culture

Un patrimoine ivoirien retrouve sa terre natale après un long exil

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_**Une collection majeure d’œuvres et d’archives, rassemblée par un ethnologue allemand au cours du XXe siècle, a été officiellement restituée à la Côte d’Ivoire. Ces pièces sont désormais présentées au public dans le cadre d’une exposition inédite.**_

Un ensemble remarquable d’objets culturels et de documents visuels a fait son retour sur le sol ivoirien. Ces biens, collectés entre les années 1930 et 1970 par le chercheur allemand Hans Himmelheber, comprennent une centaine de pièces, quinze mille photographies et plusieurs films. Cette restitution, encadrée par un accord bilatéral, s’inscrit dans un mouvement plus large de retour des patrimoines culturels vers le continent africain.

Les œuvres, qui proviennent notamment des ethnies Sénoufo, Dan, Baoulé et Gouro, sont actuellement visibles à Abidjan et à Man. L’exposition « Murmures d’archives », présentée au Musée des Cultures Contemporaines Adama Toungara d’Abobo, dévoile une sélection de vingt-quatre objets. Elle retrace également le parcours du scientifique à travers ses clichés et ses films, récemment numérisés. Des écoliers et des visiteurs découvrent ainsi des masques, des sculptures et des objets de la vie quotidienne d’une grande finesse technique et esthétique.

Les spécialistes soulignent le caractère significatif de cette démarche. Si Hans Himmelheber acquérait les pièces par achat, le contexte historique de l’époque coloniale est pris en compte. Cette donation permet d’enrichir et de diversifier les collections nationales, notamment celles du Musée des Civilisations d’Abidjan, actuellement en travaux. Elle offre une vision plus complète des principales aires culturelles du pays.

Au-delà du simple retour matériel, cette opération s’accompagne d’un important volet de valorisation. Les archives photographiques et cinématographiques ont été projetées dans seize villages de la région Dan, permettant aux communautés de redécouvrir des pratiques et des visages parfois oubliés. Cette initiative vise à raviver la mémoire collective et à stimuler l’intérêt des jeunes générations pour leur héritage culturel.

L’ethnologue se distinguait par une approche méthodique, documentant scrupuleusement les artistes et leurs techniques. Son travail a permis, dans certains cas, d’attribuer des œuvres à des sculpteurs précis, rompant avec l’anonymat traditionnellement associé à l’art africain. La collection comprend également des objets d’ornement, témoignant de l’existence d’un « art pour l’art », ainsi que des artefacts du quotidien qui invitent à élargir la conception canonique de ces créations.

Cette restitution marque une étape importante dans la reconstitution du patrimoine ivoirien. Elle intervient alors que d’autres processus sont en cours, à l’image du retour annoncé du tambour parleur Djidji Ayôkwé, actuellement conservé en France.

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