Politique
Un nouveau chapitre politique s’ouvre au Pérou après la destitution de Dina Boluarte
Le Parlement péruvien a entériné vendredi la révocation de la présidente Dina Boluarte, propulsant le chef du législatif José Jeri à la tête de l’État pour une période de transition jusqu’en 2026.
Le Pérou connaît un changement de direction politique après le vote parlementaire ayant conduit à la destitution de Dina Boluarte. José Jeri, président du Congrès âgé de 38 ans, a immédiatement prêté serment pour assumer les fonctions de chef de l’État. Le nouveau dirigeant a annoncé la formation d’un gouvernement transitoire jusqu’à la tenue des élections générales prévues en avril 2026.
Dans son premier discours à la Nation, le président Jeri a identifié la criminalité organisée comme la principale menace pour la sécurité nationale, appelant à une confrontation déterminée contre ces groupes. Cette déclaration intervient dans un contexte d’augmentation des violences attribuées au crime organisé dans la capitale Lima, où récemment un groupe musical a été pris pour cible par des tirs faisant plusieurs blessés.
La procédure de destitution, engagée jeudi par les principales forces politiques du Parlement, invoquait une « incapacité morale permanente » de l’ancienne présidente. La motion a été adoptée à la majorité lors d’une session extraordinaire à laquelle Dina Boluarte n’a pas assisté, bien que convoquée. Cette décision la prive automatiquement de son immunité présidentielle, la rendant susceptible de poursuites judiciaires.
Devant le siège du Parlement, une centaine de personnes ont manifesté leur soutien à cette décision, brandissant des drapeaux nationaux et des pancartes critiques envers l’ancienne dirigeante. Dina Boluarte avait déjà fait face à plusieurs tentatives de destitution infructueuses au cours de son mandat, mais cette fois ses soutiens politiques traditionnels l’ont abandonnée.
L’ancienne présidente avait accédé au pouvoir après la destitution de Pedro Castillo, dans un contexte de troubles sociaux ayant causé la mort d’au moins cinquante personnes. Son mandat avait été marqué par une impopularité record et plusieurs controverses, incluant des accusations concernant des bijoux de luxe non déclarés et une intervention chirurgicale esthétique effectuée sans en informer le législatif comme l’exige la loi.
Cette transition présidentielle s’inscrit dans une période d’instabilité politique persistante au Pérou, qui a connu sept chefs d’État différents au cours des neuf dernières années. Plusieurs anciens présidents se trouvent actuellement incarcérés dans une prison spéciale de l’est de Lima, dont Pedro Castillo qui attend son procès pour tentative de dissolution du Parlement.
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