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Économie

Un homme d’affaires turc face à l’isolement économique de sa région

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À Van, dans l’est de la Turquie, la proximité avec l’Iran, frappé par une crise profonde, asphyxie l’économie locale. Les acteurs économiques constatent l’effondrement d’une clientèle vitale et déplorent l’enclavement de leur territoire.

La situation géographique de la province de Van, qui partage une longue frontière avec l’Iran, constitue depuis longtemps un atout ambigu. Si cette proximité a historiquement alimenté les échanges, elle expose désormais la région aux contrecoups des difficultés que traverse son voisin. L’activité commerciale et touristique, qui dépendait en grande partie de la clientèle iranienne, est aujourd’hui au point mort.

Les établissements hôteliers de la ville enregistrent des taux d’occupation dérisoires, une situation inédite même en période hivernale. Les rares voyageurs en provenance d’Iran semblent motivés par des besoins spécifiques, comme l’accès à une connexion internet, et évitent toute visibilité. Le flux habituel de visiteurs venus faire des achats ou profiter des loisirs s’est considérablement tari.

Cette paralysie affecte l’ensemble des secteurs. Les commerces de textile, autrefois fréquentés par des clients remplissant des valises, font face à une désertion complète. Les professionnels locaux observent, impuissants, l’effondrement du pouvoir d’achat de la population iranienne, dont la monnaie a perdu une grande partie de sa valeur. Un salaire mensuel perçu en Iran suffirait à peine à couvrir quelques jours de séjour à Van.

Au-delà de la conjoncture, cette crise met en lumière les défis structurels d’une région périphérique. Les infrastructures, comme un périphérique urbain dont les travaux s’éternisent, symbolisent un sentiment de délaissement. Les sanctions internationales pesant sur Téhéran se répercutent directement sur l’économie transfrontalière, limitant les perspectives de développement.

Les acteurs économiques de Van doivent composer avec une réalité géopolitique immuable. Ils ne peuvent choisir leurs voisins et doivent trouver des moyens de coexister avec un pays en proie à des difficultés persistantes. L’espoir se reporte désormais sur des événements traditionnels, comme le Nouvel An persan, pour voir renaître un semblant d’animation. En attendant, le calme plat règne sur les rues commerçantes, reflet d’une interdépendance régionale devenue un fardeau.

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