Nous rejoindre sur les réseaux

Planète

Un Groenlandais cultive l’impossible au-delà du cercle polaire

Article

le

_**Dans l’ouest du Groenland, un entrepreneur a tout misé sur une ferme verticale pour approvisionner localement le territoire en légumes frais, défiant les rigueurs du climat arctique.**_

Palli Fleischer-Lyberth a fait le choix radical de vendre sa maison pour financer son projet. À Sisimiut, à quelques dizaines de kilomètres seulement du cercle polaire arctique, il a aménagé une serre au sein d’un entrepôt. Son objectif est de démontrer la viabilité d’une production maraîchère locale dans cette région où l’agriculture semble contre-nature.

L’atmosphère qui y règne contraste avec l’environnement extérieur. Une humidité constante et des effluves végétaux y accueillent le visiteur. L’homme de 37 ans y cultive avec succès diverses variétés, comme de la laitue, du mizuna ou des micropousses, qu’il écoule auprès d’hôtels, de supermarchés et de navires de croisière.

Il reconnaît que son initiative suscite souvent l’incrédulité, face à des hivers longs et extrêmement rigoureux. Cependant, il met en avant les atouts de son installation. L’isolation du bâtiment, couplée à l’utilisation de lampes LED et de systèmes de pompage, crée un environnement maîtrisé. Selon lui, le climat groenlandais présente même des avantages inattendus, comme l’absence de certains insectes nuisibles, éliminant le recours aux pesticides, et des températures fraîches propices au développement des plants.

La technique employée est l’hydroponie, apprise en autodidacte. Les plantes se développent hors-sol, leurs racines baignant dans une solution nutritive qui apporte les éléments essentiels à leur croissance. Cette méthode lui permet de s’affranchir des contraintes d’un sol gelé une grande partie de l’année.

Si l’aventure est encore financièrement précaire, Palli Fleischer-Lyberth garde foi en son modèle. Ancien professionnel du tourisme, il espère obtenir des soutiens publics et nourrit une ambition plus large. Il souhaite contribuer à réduire la dépendance alimentaire du territoire, qui importe chaque année plusieurs milliers de tonnes de légumes, malgré une surface émergée très limitée par l’inlandsis. Son projet incarne ainsi une volonté de développer une autonomie nouvelle dans le grand Nord.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus