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Un accord de paix signé à Washington, des combats qui persistent à l’est de la RDC

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La signature d’un texte censé mettre fin au conflit dans l’est de la République démocratique du Congo n’a pas interrompu les affrontements sur le terrain, illustrant les difficultés d’une mise en œuvre effective.

Un accord en trois volets a été paraphé à Washington, prévoyant un arrêt des hostilités, un programme de désarmement et un cadre de coopération économique régionale. Ce dernier aspect vise notamment à sécuriser l’accès aux minerais stratégiques dont regorge le sous-sol congolais, comme le cobalt ou le coltan, et à y associer des entreprises américaines. Les promoteurs de l’initiative ont salué des perspectives de développement mutuellement bénéfiques.

Pourtant, au moment même de la signature, de violents combats se poursuivaient dans la province du Sud-Kivu. Des échanges de tirs d’armes lourdes ont été rapportés aux abords de localités contrôlées par le groupe armé M23, face à l’armée congolaise et des milices alliées. Des sources locales font état d’une population civile terrée dans les habitations, dans l’attente d’une accalmie.

Cet écart entre les déclarations diplomatiques et la réalité militaire nourrit un certain scepticisme parmi les observateurs. Des organisations de la société civile congolaise ont récemment mis en garde contre le risque que de tels engagements ne restent lettre morte, comme ce fut le cas par le passé. Depuis 2021, plusieurs trêves ont en effet été conclues avant d’être rapidement violées.

La complexité du dossier tient également aux divergences persistantes entre Kinshasa et Kigali. Les autorités congolaises conditionnent tout progrès au retrait des forces rwandaises qu’elles accusent de soutenir le M23, une allégation que le Rwanda a toujours démentie. De son côté, Kigali exige la neutralisation de groupes armés hostiles opérant depuis le territoire congolais.

Par ailleurs, le texte signé à Washington n’inclut pas directement le M23. Des discussions séparées ont lieu sous médiation qatarie, aboutissant à des déclarations de principe sur un cessez-le-feu. Ces engagements n’ont toutefois pas empêché, dans les faits, une reprise récurrente des hostilités et des accusations mutuelles de violations. La région, en proie à des conflits depuis trois décennies, connaît un regain de tensions depuis la réémergence du mouvement rebelle fin 2021.

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